Ça prend tout un village pour élever un enfant

valérieharvey

Ces temps-ci, nous sommes plusieurs parents à sortir la calculatrice et à refaire notre budget : en fait, nous sommes la majorité des familles du Québec. Selon les estimations du gouvernement, 70 % des ménages seront touchés par l’augmentation des tarifs dans les services de garde. Au contraire de la perception populaire, il n’y a pas que les « riches » qui seront touchés. Car le gouvernement Couillard a estimé que ¾ des familles québécoises font partie des « riches » qui peuvent payer plus pour rembourser le déficit d’une société entière.

Nous sommes plusieurs parents le cœur divisé chaque matin entre un travail à temps plein et une course vers la garderie que nous espérons tous la meilleure pour ces petits adorés. Nous sommes aussi plusieurs à faire le choix du temps partiel pour avoir plus de temps près de nos enfants, à gérer un budget diminué pour être davantage présent.

On fait notre possible pour choisir la garderie avec soin, pour s’informer des services offerts, de la nourriture qu’on y mange, des activités qu’on y fait. Chaque parent veut être sûr que l’éducateur ou l’éducatrice responsable soit un enrichissement pour son enfant. Parce qu’on sait que cette personne, qui prend soin de notre petit tous les jours, est une partie importante de la vie de l’enfant. L’éducateur et l’éducatrice, c’est une part de notre « village familial ».

Nous sommes plusieurs parents à savoir que les prochaines déclarations de revenus nous forceront à envoyer un montant au gouvernement pour payer la cotisation supplémentaire de notre garderie. Un chèque qui s’ajoutera aux impôts que nous payons chaque semaine. Un chèque que l’on fait parce que l’on est parent et que nos enfants fréquentent la garderie. Une taxe spéciale pour ceux qui ont choisi la parentalité. « Taxe à la natalité » me semble le terme approprié.

Pour contrer la baisse des naissances, depuis plusieurs années, la société québécoise s’était mobilisée pour offrir des conditions favorables aux familles. Des congés parentaux généreux, qui donnent aux parents l’opportunité d’apprivoiser la vie de famille et favorisent l’implication du père; des services de garde de qualité à prix modique pour permettre aux deux parents de retourner au travail, s’ils le désirent. Et tout cela payé grâce à l’implication globale de tous les travailleurs. La société québécoise devenant le village global supportant le parent et l’enfant à faire les meilleurs choix pour leur famille.

Ce n’est plus le cas. Les parents devront payer plus que les autres travailleurs. Pas pour l’amélioration du réseau des garderies. Simplement pour équilibrer le budget global de tous les Québécois.

Nous sommes plusieurs à nous demander où nous prendrons cet argent. En retardant l’achat d’une maison? En reportant le projet d’un deuxième ou d’un troisième bébé? Le deuxième salaire qui compose notre ménage en vaut-il le cout? Peut-être qu’il serait préférable qu’un parent prolonge plus longtemps sa sortie du marché du travail?

Ce sont des interrogations réelles qui auront des conséquences dans les prochaines années et qui n’aideront en rien à équilibrer le budget déficitaire du Québec en plus de diminuer la qualité de vie des familles.

Mais plus que tout, en brisant le support du « village » québécois envers la famille, le gouvernement envoie un message clair : pour la société québécoise, les enfants, ce n’est plus une priorité, mais un bien de consommation taxable, un petit luxe personnel.

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One thought on “Ça prend tout un village pour élever un enfant

  1. Benoit

    Donc, votre enfant nous coûte pas loin de 45$ par jour, on augmente un petit peu votre contribution, et hop, vous nous sortez le  »taxe à la natalité »…???

    Et comme ce service n’est offert qu’au Québec dans la confédération, pourquoi vous êtes plus dépendante et moins débrouillarde que les autres familles du pays?

    Et en fait, il y a trop d’humain sur la terre. Votre contribution polluante supplémentaire n’est plus vraiment requise.

Pas de commentaires, merci.