10 souhaits pour Noël et sans doute aussi pour 2015

L’adulte ne croit pas au Père Noël. Il vote.

Pierre Desproges

 

Je sais, je sais. Les souhaits du temps des Fêtes restent la plupart du temps lettres mortes. Mais je crois nécessaire de les formuler ici tout de même. Histoire de prendre position face à la tournure des évènements qui n’en finissent jamais de nous rentrer dedans, de nous faire réagir comme le bélier cerné dans son enclos. Les voici donc mes souhaits des Fêtes qui me plaisent d’abord tout en déplaisant à tous ceux et celles qui veulent que rien ne change en ce bas monde parce que sans doute ils croient en tirer profits dans l’immédiat pour leur petit soi-même. Que le monde en général nous déçoit quand on le regarde de près et de loin dans la même journée.

 

1- Je souhaite que les 26 concessionnaires automobiles du Saguenay et du Lac fassent amende honorable et admettent leurs torts. Qu’ils reconduisent la convention collective des 450 employés qu’ils ont mis à la porte le 21 février 2013 après avoir acheté des terrains autour de leur emplacement et des garages fantômes pour y faire travailler des mécaniciens scabs et rendre le piquetage difficile aux lockoutés. Par la même occasion, il serait normal que les médias et leurs animateurs qui ont profité de ce lock-out pour empocher des profits publicitaires les remettent aux syndicats. Arnold, L’Ami junior, La Maison de l’auto, on en a soupé. Michel Barrette pourrait faire de même.

2- Je souhaite que le régime communiste revienne en URSS et que Poutine soit interné dans un camp de travail en Sibérie pour le reste de ses jours tout en étant soumis à une cure d’intoxication avec sa propre vodka. Et qu’Edouard Limonov devienne ministre de la culture.

3- Je souhaite que l’actuel Premier Ministre du Canada démissionne après avoir avoué qu’il finance à même les fonds publics des compagnies pétrolières dont il est le principal actionnaire sous le nom de sa femme.

4- Je souhaite que le gouvernement libéral provincial actuel soit forcé d’appeler des élections hâtives, poussé par la grogne populaire et la révolte des contribuables qui tiennent mordicus à leur pouvoir d’achat. Et que ces élections précipitées soient remportées par Québec solidaire pour ne pas le nommer. Le lendemain, les radios poubelles de Québec s’étoufferaient dans leurs gargouillements bilingues.

5- Je souhaite que, par pur hasard, on trouve un gisement pétrolier important sous la Place du citoyen à Chicoutimi. Le maire actuel sera contraint de démissionner pour prendre en charge son exploitation sous la responsabilité de Promotion Saguenay. Aux élections municipales anticipées, un parti Vert prendra le pouvoir pour remettre les pendules à l’heure et le maire à sa place, soit à la tête d’une compagnie privée qui déjà gérait la Ville sans l’admettre.

6- Je souhaite qu’on construise une série de trains surélevés à travers le pays pour éliminer petit à petit l’usage de l’automobile. Qu’on rende gratuit le transport en commun pour les étudiants et les bas revenus. Que les pistes cyclables soient utilisées l’année durant. Que notre dépendance au pétrole s’achève.

7- Je souhaite que les minorités culturelles ne soient plus seulement concentrées dans les grandes villes mais aussi réparties en région. Qu’un amérindien devienne maire de Roberval.

8- Je souhaite que PKP retourne à ses affaires et à ses quotidiens obsédés par les sports professionnels, les faits divers, les scandales des «vedettes» d’ici et d’ailleurs et les chroniqueurs à sens unique.

9- Je souhaite que Myriam Segal remplace Denis Lévesque à TVA quand il attrape la grippe et qu’elle retourne à Québec où elle semble se sentir à l’aise dans la capitale des radios poubelles et du Journal de Québec au SLSJ.

10- Je souhaite que l’équipe de hockey des Saguenéens de Chicoutimi se trouve un nouvel entraîneur, peut-être l’animateur du matin de radio X qui ne carbure qu’à ce sport et aux publicités des concessionnaires automobiles en lock-out. Le gros Champagne n’attend que ça pour le remplacer. Rien ne se perd, rien ne se crée dans notre petit monde. L’année qui arrive risque de ressembler à celle qui s’effiloche.

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

 

 

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :