Un jour ma mère a voulu me tuer / Ode à la fête des mères

Un jour ma mère a voulu me tuer.
Elle a par un geste prémédité voulu anéantir tout ce qui pouvait me faire croire que je pouvais avoir de la valeur à ses yeux…  et ensuite, aux yeux des autres.
Elle a voulu détruire l’amour que je portais en moi.
 

Parce qu’un jour j’ai refusé de demeurer dans une dynamique familiale malsaine, parce que ce jour j’ai dit « stop » à mon père.
Elle a profité de la première occasion qui s’offrait à elle pour me punir de la manière la plus cruelle que l’on puisse faire à un être qui était, avant tout, son enfant.
Elle a posé un geste que le coeur d’une mère n’aurait jamais pu, su ou dû poser.
(Vous me pardonnerez ici de taire les détails.)
 

Pourquoi?
Parce que mon geste était pour elle inacceptable,
Pourquoi?
Parce que mon refus la confrontait à sa propre acceptation de la violence…
Parce qu’elle se devait de prendre position…
que mon geste l’obligeait à faire face à ses propres blessures…
à ses plaies béantes…
Parce que mon refus d’obtempérer, la confrontait à ses propres peurs, tares…
Parce que ça lui était insupportable…
Parce qu’elle est déjà elle même totalement détruite…
 

Elle n’est pas la seule.

Nous sommes toutes et tous un peu comme elle.
 

Aujourd’hui, c’est la fête des mères.
 

Je suis moi-même mère d’une jeune fille/femme qui vient tout juste de fêter son onzième anniversaire.
 

Et je souhaite lever mon chapeau au courage.
 

Non pas à celui de la mère…
 

… mais à celui qui fait qu’une femme, un homme, un enfant ait la force de se lever pour aimer, protéger, prendre soins de lui comme de l’autre,
J’aimerais lever mon chapeau…
… à ce courage qui oblige par force d’humilité à regarder les choses en face, de manière juste, à avouer ses tords et à tenter de les réparer,
… à ce courage universel qui fait que la soif de créer et de prendre soins de la vie est plus forte que la lâche destruction engendrée par la peur,
… à ce courage qui permet de ne pas se laisser abattre par la vilenie, qui permet de rêver autant que de lever le poing avec force et détermination par signe de protestation,
… à ce courage qui ouvre les portes à l’amour…
… à ce courage qui ferme les portes à la haine…
Malgré cette peur… que l’on porte en soi, que nous avons de l’autre.
Malgré cette peur… que porte l’autre et qu’il a de nous.
 

Le courage n’a pas de statut, ni de sexe, ni d’âge, ni de religion.
Aujourd’hui, demain et toujours,

pour votre bonheur ainsi que celui des autres,

 je vous souhaite « courage » à toutes… et à tous.

 

 

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