10 bonnes raisons de voter contre Harper et les conservateurs

10 bonnes raisons de voter contre Harper et les conservateurs

La démagogie électoraliste est le chancre de la démocratie.

-Albert Brie, Les meilleurs mots du silencieux, Le Devoir, 2014

 

Stephen Harper

Voici notre Premier ministre

Devant sa base électorale

Les polices, les créationistes

Et le Bonhomme Carnaval

Chanson de Mononc’ Serge, 2015

 

Or donc, les conservateurs et leur premier ministre intouchable, Stephen Harper, veulent se faire réélire une quatrième fois de trop. Comme si on avait oublié ce qu’ils ont fait comme dommage jusqu’ici en général et en particulier à la nation, à notre réputation internationale et à notre confiance envers la politique. Depuis quelques temps déjà, en pleine vacances estivales, ils distribuent des chèques à un peu tout le monde pour nous laisser croire que l’avenir en leur giron nous fera plus riches et prospères. Ils créent la richesse comme ils disent. Pour nous laisser croire comme les créditistes que la meilleure des choses pour se faire réélire c’est d’imprimer de l’argent et de la distribuer à droite et à gauche lors des fêtes populaires.

Voici sans tarder 10 bonnes raisons de voter dans 78 jours contre Stephen Harper et les conservateurs qui croient encore que la devise des électeurs d’ici c’est «Je ne m’en souviens plus».

 

1-Dans la bibliothèque de Stephen Harper, on ne retrouve que des livres sur le hockey et les bilans financiers des pétrolières. Pas de littérature, pas de poésie, pas de bandes dessinées de Crumb ou de Spiegelman, l’auteur de Mauss. Un inculte confirmé ce politicien qui ne jure que par les baisses d’impôts pour les plus nantis et les congés de taxes pour les multinationales. Pour lui les intellectuels et les artistes sont des parasites qu’il fuie.

 

2-Un premier ministre qui nie le phénomène du réchauffement climatique ne mérite pas qu’on le laisse plus longtemps à la tête d’un pays ou d’un autre. Sa décision de couper les vivres aux scientifiques canadiens est une preuve de plus qu’il se méfie de l’approche rationnelle des questions environnementales et de l’intelligence de ses citoyens en particulier.

 

3-Stephen Harper est un politicien dangereux, sioniste à l’excès. Encore plus sioniste que les sionistes extrémistes du parti républicain américain. Pour lui, les Palestiniens sont tous des terroristes sans exception qu’ils faut bombarder comme le fait l’État Israélien. Il vient tout de même de lancer sa compagne électorale montréalaise dans le centre communautaire juif Ben Weider dans la circonscription Mont-Royal à Montréal. L’une de ses bases électorales.

 

4-Comme de nombreux partisans conservateurs, Stephen Harper est créationniste sans vouloir l’admettre. Il a subventionné des groupes de pression qui défendent cette thèse depuis qu’il est au pouvoir. On a donné pour les cathos fanatiques. Les fonds publics ne servent pas à propager des valeurs religieuses d’un autre siècle. On dirait du Jean Tremblay.

 

5-Stephen Harper partage l’obsession de nombreux citoyens de la ville de Québec pour le retour des Nordiques. Juste ça, ce choix démagogique rattaché à la vague réactionnaire des radios poubelles de la même ville, suffit à se méfier d’un tel premier ministre qui considère les Québécois (De la ville et d’ailleurs) comme des cerveaux limités au divertissement sportif et au magasinage dans les centres d’achat de Sainte-Foy.

 

6-Un premier ministre qui cautionne la décision de Poste Canada de mettre à pied tous ses facteurs sous prétexte de mieux équilibrer son budget, ne mérite pas d’être réélu. Le service postal à domicile reste un service essentiel qui a été réaménagé dans plusieurs pays du globe avec plus d’imagination et de considération qu’ici.

 

7-L’argument d’autorité du gouvernement Harper est avant tout fondé sur le faux besoin de sécurité des électeurs et la lutte au terrorisme. Une loi (C-51) dénoncée par Amnistie Internationale vient d’être votée au Parlement à ce sujet malgré l’opposition. C’est le leurre majeur de ce régime harpeur qui laisse croire que le pays est envahi de tous les côtés par des criminels et des djihadistes qui poussent partout comme des champignons. Or, les interventions des «loups solitaires» sont souvent la conséquence d’une société où les inégalités sociales s’accentuent depuis des années. Harper veut avant tout faire peur au monde pour obtenir des votes et se faire passer pour un bon gendarme. Son État policier et militaire à souhait ne correspond pas aux valeurs pacifistes du pays. Le Québec a dénoncé la décision du régime Harper de détruire le registre des armes à feu (Loi C-19)pour faire plaisir à une catégorie de ses électeurs fervents de la loi et l’ordre et de la petite chasse. Comme si, comme aux États-Unis, le fait de porter une arme à feu relevait de notre constitution. Personne ne se rappelle plus les tueries de l’École Polytechnique, du Cégep Dawson… et des carnages en série presqu’hebdomadaires chez notre voisin bien armé du Sud. Conséquence de la vente libre d’armes à feu à n’importe qui dans les dépanneurs.

 

8-Les conservateurs et son chef Stephen Harper sont avant tout anti syndicalistes enragés. La loi C-4 adoptée par le Parlement est là pour le prouver et confirme l’intention de ce parti de réduire l’action syndicale. Ils répandent même la rumeur (Discours de Harper le 4 juillet à Montréal) que la présence des organisations syndicales compromet la santé financière de l’État en la poussant à augmenter les services publics. Comme si ce n’était plus le rôle de l’État d’être au service des citoyens. On sait que pour Harper, les fonds publics doivent d’abord servir les entreprises privées et les pétrolières. Les syndicats permettent depuis toujours une meilleure répartition de la richesse –quoiqu’en dise Denis Lebel- et surtout un rapport de force plus équilibré entre les travailleurs et les patrons capitalistes.

 

9-Stephen Harper nie les règles démocratiques d’usage du pays. Il déteste le fonctionnement parlementaire et fait tout en son pouvoir pour le détourner quand il n’arrive pas à faire voter ses lois. Quand ça ne fonctionne pas à son goût, il les change rétroactivement. La Cour Suprême a rabroué ce gouvernement dans toutes ses tentatives de le faire.

 

10-Le régime Harper enfin se moque de la liberté d’expression et de la presse. C’est le gouvernement le plus renfermé et porté sur la censure totale. Il limite les points de presse à l’excès et sélectionne les journalistes et les questions quand il accepte bien d’en tenir. Il a coupé les vivres à la Société Radio-Canada qui pratique une politique d’information et d’enquête unique au pays. Les médias privés qui ont réduit leur salle de nouvelles et leur nombre de journalistes la parasitent à tous les jours. Et la cerise sur le sundae, pendant cette campagne électorale qui s’amorce, Stephen Harper a interdit à la population en général et à tous ceux qui veulent le suivre son accès sans coupon d’entrée livré 24 heures à l’avance sauf pour ses partisans et ses bénévoles. Il se prépare donc à mener une campagne électorale à vase clos loin du vrai monde. Les dictateurs ont l’habitude dans les pays totalitaires d’agir ainsi. On n’est pas sorti du bois et de la grande noirceur fédéraliste.

 

n.b. Moi je vote contre Stephen Harper dans l’espoir de voir Denis Lebel mordre la poussière entre deux cassôts de bleuets. Sa table de décisions fédérales- son argument de base pour se faire réélire- n’a jamais été si bancale. Je rêve de le voir défait, obligé d’accepter pour survivre un poste de gardien de prison à Roberval pour mieux assurer la sécurité de ses électeurs qui lui ont faussé compagnie. Bonne malchance Denis.

Pierre Demers, cinéaste et poète anti conservateur d’Arvida

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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