VIRAGE : Fabrique d’idées pour survivre à 2015

Jour 3 – Dimanche 9 août

Règle numéro 1 à respecter en plein air et lors d’événements extérieurs au Québec : même en été, il faut se « grayer » de chaussettes de laine, tuque et mitaines. Parce que quand le soleil disparaît sous la ligne d’horizon, y fait frette!

Heureusement, la programmation d’hier soir était ardente, et les artistes ont mis le feu aux planches, ce qui m’a fait (un peu) oublier mes doigts gelés.

Sur la Grande scène, Pierre Demers, homme de lettres, cinéaste et collaborateur à Mauvaise Herbe, nous a offert une solide performance poétique en compagnie de ses deux acolytes Claude Bouchard et Batiste Foisy. Un pur moment de grâce, qui a mis la table pour le slameur IVY. La foule était conquise avant même que Samian monte en scène pour clôturer la soirée (du moins, la mienne!) avec son hip-hop intelligent et engagé.

Mention spéciale à l’artiste Thomas Meloche, qui nous a offert en direct une performance de sculpture sur glace à l’effigie de VIRAGE. On n’a pas pu s’empêcher de faire le lien entre son œuvre éphémère et la fonte de la calotte glaciaire…

Nous voilà donc à l’aube de cette dernière journée de la toute première édition de VIRAGE. L’ambiance est conviviale ce matin sur la Terre des Vikings. Les gens prennent un café, déjeunent, discutent. Certains se remettent d’une courte nuit à faire la fête… On se prépare tranquillement à assister aux conférences et activités.

À La Fabrique, Michel Roche, professeur en science politique également collaborateur à Mauvaise Herbe, nous livre une conférence intitulée L’économie est politique. Il nous expose, entre autres, que l’économie repose essentiellement sur le comportement humain et que sans l’apport du travail de l’homme, les richesses n’existent pas. Il termine son allocution avec une citation de l’écrivaine Anaïs Nin : « Nous ne voyons jamais les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes. »

L’événement se termine avec la plénière La folle machine à solutions animée par Ian Segers, où l’on fait un retour sur les conférences et ateliers de la veille. Tout d’abord, les deux organisatrices Marielle Couture et Nancy Lavoie prennent la parole pour exposer leur vision de VIRAGE. On apprend d’ailleurs que des activités-bénéfices auront lieu au courant de l’année pour préparer la venue de VIRAGE 2. Car oui, il y aura une autre édition l’an prochain.

Puis, Ian entame l’atelier, un processus participatif axé sur le dialogue, un moment d’échange où l’on partage nos idées afin de faire émerger des solutions pour « changer AVEC le monde ». Les gens sont invités à exprimer ce qu’ils ont appris durant ces rencontres. On note au passage cette phrase issue d’un groupe de discussion : « Nous avons appris à voir l’impossible de notre monde et tous les possibles de celui de demain ».

Puis, une réflexion tactique s’installe sur comment être le virage, comment prendre le virage et comment connecter les virages. Plusieurs solutions sont proposées, mais concrètement, comment les mettre en pratique? Qu’est-ce qui résulte de ce fabuleux rassemblement de « pelleteux de nuages »? Que se passera-t-il entre VIRAGE 1 et VIRAGE 2? Peut-on qualifier VIRAGE de mouvement, plutôt qu’événement?

Peu importe, cette fin de semaine n’aura pas été vaine. J’ai fait des rencontres extraordinaires, vu des artistes inspirants et inspirés, des conférenciers engagés. Les êtres humains ici sont beaux, généreux, ouverts. Ils s’entraident et acceptent les divergences d’opinions et les différences. Ils croient aux solutions, aux façons de faire pour bâtir un monde meilleur. Pour eux, pour l’environnement, pour leurs enfants. Et juste pour ça, ça valait le coup de prendre le VIRAGE.

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :