10 promesses électorales hors d’atteinte

L’avenir c’est la trahison des promesses…

Daniel Pennac

 

Monde parfait, je ne te cherche plus

Jean Leloup, Zone zéro, À Paradis City

 

Le temps des élections reste inéluctablement le temps des promesses non tenues. La présente élection fédérale le démontre encore une fois. Tous les partis, tous les chefs éclairés nous promettent encore et toujours mer et monde. Même le premier ministre veut toujours nous sauver malgré nous des menaces terroristes qui planent, Dieu et Allah savent où. Et Denis Lebel nous promet lui «du pain et du beurre» pour manger avec la tourtière tout en laissant croire que le sort du reste du monde n’intéresse pas ses électeurs du haut et du bas du Lac. Comme s’il traitait ses électeurs de bornés.

Mais il y a tout de même des promesses que tous les candidats de cette présente campagne électorale fédérale ne pourront jamais tenir. Les voici donc parmi beaucoup d’autres.

 

1-Les candidats ne pourront jamais nous promettre de ne pas faire de promesses. On dirait que c’est dans leur peau de politiciens usés ou non de lancer en l’air n’importe quoi tout en refilant la facture aux contribuables.

 

2-Les candidats ne pourront jamais ne pas mentir sur leurs intentions. Ils sont comme ça. Des beaux parleurs et des petits haut-parleurs. Une fois qu’ils ont trouvé les phrases qu’ils jugent conformes, ils les répètent jusqu’à nous donner la nausée. Et les électeurs finissent par les croire ces mensonges redoublés en écho.

 

3-Les candidats ne pourront jamais quitter la ligne de parti, même si elle leur semble contredire leurs valeurs. Des chiens de poche ces politiciens qui suivent les oukases du chef et de ses conseillers en nous laisant croire qu’ils les partagent. Quand vous écoutez Denis Lebel réciter sa cassette enregistrée par son chef, on saisit tout se suite le sens à donner à la ligne de parti. Crois ou meurs, mon gars. Ce Denis Lebel pourrait nul doute répandre la rumeur que Stephen Harper adore les journalistes de la SRC et qu’il sépare ses déchets.

 

4-Aucun candidat ne peut nous promettre que, s’il est élu, le lendemain, il interdira la circulation automobile dans les centre-villes de toutes les municipalités canadiennes pour privilégier le vélo, le transport en commun et la relance des circuits ferroviaires.

 

5-Aucun candidat ne pourra promettre de légiférer le lendemain des élections pour réduire les profits des banques en les taxant davantage et en luttant efficacement contre les évasions fiscales.

 

6-Aucun candidat nouvellement élu ne pourra promettre de permettre aux provinces qui le désirent de toucher une grande partie de leurs impôts et de se constituer en province autonome si la population le désire.

 

7-Dans les circonstances actuelles, aucun candidat se présentant aux élections fédérales ne peut promettre de légaliser l’usage du pot afin de libérer ceux et celles qui fûment depuis des décennies dans la clandestinité.

 

8- Aucun candidat ne peut promettre de lutter efficacement contre la pauvreté en investissant sérieusement dans la construction de logements sociaux, dans l’aide aux démunis et aux familles dans le besoin. Les soins de santé et l’éducation gratuits, le salaire minimum garanti et la culture accessible partout seraient des pistes de solution pour réduire l’écart entre riches et pauvres.

 

9-Aucun candidat ne peut promettre la transparence de ses gestes une fois élu. La politique étant telle aujourd’hui, avec entre autres la pression des médias sociaux, que les décisions des élus se prennent en vase clos, encadrées par des relationnistes et des sondeurs. Ce climat favorise à outrance la langue de bois, le politiquement correct.. Les sorties publiques de Harper et de Couillard en sont les meilleurs exemples en ce moment. Celles des autres leaders aussi, sauf peut-être celles des Rhino.

 

10-Aucun candidat n’a le courage et la détermination de refuser son salaire de ministre, de député ou de simple élu pour exercer son mandat. Il serait uniquement remboursé pour se loger, se nourrir, voyager et rencontrer ses électeurs et la population en général. Cette proposition ferait en sorte que les élus ne pourraient considérer leur travail comme une job permanente qu’on tente, élection après élection, de garder bien au chaud. En attendant de faire jouer ses contacts vers une autre profession plus lucrative. Les anciens ministres conservateurs ont battu des records dans ce domaine lors du dernier mandat. Vous vous en souvenez? J’ai hâte de voir bientôt Stephen Harper recyclé pompiste quelques part à Calgary-Sud-Ouest. Il n’a d’ailleurs rien promis pour la suite de ses choses s’il était battu le 19 octobre. Les promesses électorales ne peuvent tout couvrir, malheureusement.

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

 

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