Le terrain de Jacques Fortin, quoi faire avec ? 10 propositions

Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus.

Quelque fois les deux en même temps, le même jour.

Woody Allen

 

Ainsi l’épouse du conseiller municipal de Saguenay, Jacques Fortin, lui-même grand conservateur en chef du Musée de la Pulperie a décidé de remettre le terrain qu’elle avait reçu en cadeau de son mari il y a une bonne dizaine d’année. Terrain majestueux jouxtant la rivière Saguenay et l’usine d’épuration des eaux dans le quartier numéro 15 à Rivière-du-Moulin où le conseiller malheureux a été élu péniblement lors des dernières élections municipales. On peut se demander pourquoi la madame a pris cette décision un peu tardive après avoir vu son mari accusé de tous les torts et poursuivi devant les tribunaux et sur la place publique pour un cadeau tout à fait bien intentionné de sa part ? Mais là n’est pas la question. La question, la vraie, une fois qu’on a appris que la Ville a accepté sans coup férir de reprendre le terrain et de rembourser mêmes les taxes municipales à la madame, la vraie question c’est donc de trouver ce qu’on va donc faire avec le dit terrain pour ne pas dire le maudit terrain. Voici dix (10) propositions de réhabilitation du fameux terrain de Jacques Fortin qui mine la crédibilité de ce conseiller mais surtout celle du conseil municipal et du maire complice depuis bientôt une décennie. Comme le temps et les décisions louches de ce régime passent vite.

 

1 – Y construire une salle de spectacles toute neuve de 40 millions$ et + pour se faire pardonner cet imbroglio politique et promettre de ne plus jamais recommencer. Et donner à la salle en question le nom de l’épouse de Jacques Fortin (La salle Hélène), pour faveurs obtenues.

2 – Y aménager un terrain de stationnement superbe, payant, à étages avec vue sur le Saguenay pour les gens d’affaires et les fonctionnaires de Ville Saguenay. Évidemment ce n’est pas à la porte du Centre-ville, mais il donnerait la chance à ces gens-là de faire un peu d’exercice, une bonne marche ne serait que bénéfique pour tout ce beau monde trop collé à leur lieu de travail et à leurs habitudes de ronds de cuir. Histoire d’aérer le centre-ville.

3 – Y ériger une immense statue du maire de Saguenay, de la même dimension que celles de Kim ll-sung et de son fil Kim Jong-ll au centre-ville de Pyongyang en Corée du Nord. Pour qu’on se souvienne de lui encore dans deux ans et plus. Face au Saguenay toujours avec un jeu de lumières démesuré à faire frémir tous les abonnés d’Hydro Jonquière et d’Hydro Québec. Statue en aluminium évidemment avec socle en sapin de Noël (Bernard).

4 – Y relancer le projet ambitieux du téléphérique de Jacques Fortin et de la Pulperie étouffé par le maire jaloux il y a quelques mois et lui faire faire un détour par le fameux terrain à partir du Vieux Port de Chicoutimi. Ce serait magnifique ce tour de navette dans le ciel de la rivière saguenéenne. Le terrain pourrait servir de site de repos avec toilettes chimiques, jeux d’eau et dégustation de poutines exotiques sous la haute direction de Fabien Hovington.

5 – Y aménager un trou de bouette ouvert à tous, gratos pour ceux qui doutent des bonnes intentions de la Ville dans l’autre trou de bouette, celui de Saint-Jean Vianney. Les émanations de fuel pourraient facilement étouffer celles de l’usine d’épuration des eaux tout près. Et les bouetteux conserveraient la vue sur le Saguenay comme d’ailleurs dans l’ancien trou, les cheminées de l’Alcan-Rio-Tinto en moins.

6 – Le donner à Sonia Côté de Loge m’entraide pour y construire des logements abordables réservés aux famille démunies. Pour une fois que les pauvres de la région pourraient profiter d’une belle vue sur la rivière Saguenay de leur fenêtre de cuisine au lieu d’un mur de brique ou d’un Jean Coutu/poste d’essence.

7 – Y aménager un jardin communautaire accessible à tous ceux qui le désirent. Pour s’y rendre, on pourrait prendre gratuitement des navettes fournies par la Ville. L’hiver, des serres chauffées par des éoliennes municipales permettraient à n’importe qui d’y cultiver des légumes qui ne sont plus achetables dans les supermarchés.

8 – Y rendre accessible aux citoyens de Saguenay et d’ailleurs des quais pour pêcher dans la rivière autant l’été que l’hiver. Un restaurant communautaire serait construit sur le même terrain pour proposer des plats à base de fruits de mer et de poissons pêchés sur place toujours. La Ville serait responsable de cette initiative alimentaire. Comme d’ailleurs le jardin communautaire.

9 – Refuser la rétrocession à l’épouse de Jacques Fortin. Lui laisser le terrain malgré sa volonté. Un cadeau c’est un cadeau. La Ville ne devrait pas poser ce geste désespéré qui semble avoir été imaginé pour lui éviter d’autres frais d’avocats. D’ailleurs la révolte gronde chez les avocats du bas de la Racine. Cette décision risque de leur enlever une bonne partie de leurs heures supplémentaires. Il en va de la bonne humeur des avocats municipaux qui ont pourtant toujours soutenu le régime dans ses moments de crise politique et religieuse.

10 – Vendre le terrain au même prometteur qui est sur le point de construire des condos, aménager un gros parking au centre-ville de Jonquière en démolissant encore des vieilles maisons et recycler en locaux commerciaux la quincaillerie Potvin-Bouchard qui aurait pu loger la Maison de quartier. Un promoteur montréalais (Hugues Harvey, le frère de Ghislain Harvey, originaire de Jonquière??? Déjà propriétaire de l’ancien CKRS-TV, de l’ancien Bureau de poste devenu l’édifice des Caisses Desjardins, etc.) qui aurait ses entrées et ses sorties à l’Hôtel de ville. Ça sent déjà le condo de moins pauvres et d’amis du régime le long de la rivière Saguenay. Ou une autre clinique médicale peut-être ? Ou un autre poste de police de proximité ?

Ce terrain nous réserve plein de surprises, vous verrez.

 

n.b. en 2007, les Poèmes animés ont lancé un vidéo poético-politique lors d’une soirée dont le thème était Le feu au cul. Le film en question s’intitulait Nous sommes tous… des Jacques Fortin.

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

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