J’organise un festival (viens-tu?)

Ma nourriture est généralement poison, mon air est plutôt toxique pis mon eau attend son tour pour être contaminée. Mieux, mon journal me dit chaque jour que c’est pire qu’hier, et moins pire que demain.

Je ne commencerai pas à m’éplorer au sujet de toutes les crises qui secouent l’humanité – vous en entendez parler tout autant que moi. La NASA a annoncé la fin de notre civilisation pour 2050. Je vois bien que ça n’empêche pas grande monde de dormir et ce ne sont pas des sujets qui incitent à se déverser en likes sur le web.

Je ne sais pas vous, mais moi, en 2050, j’aurai 69 ans. Mes enfants, eux, auront respectivement 44, 41 et 36 ans. En plein dans leur vie active. Celle où ils seront pleinement autonomes et en possession de leurs moyens, peut-être parents aussi, avec peut-être une carrière, des chums des blondes des amiEs, des envies de voyager, de jouer de la musique, de jardiner ou d’entreprendre. Qui sait?

Peut-être aussi qu’ils seront en train de se battre pour respirer de l’air. Ou boire de l’eau potable. Peut-être qu’ils ne pourront pas avoir d’enfants. Qui sait?

Je suis étonnée chaque jour de ne voir qu’une minorité de gens se lever et agir. Pire, je suis flabergastée chaque jour de voir ce qui retient l’attention publique, dans l’actualité. Mais en parler semble difficile. On ne voudrait surtout pas se faire traiter d’écolo. Encore moins de terroriste. Ou laisser croire qu’on croit à un quelconque complot (voyons, toute cette pauvreté, cette violence, ces inégalités, c’est le fruit du hasard). L’effort à faire pour changer quoi que ce soit semble terrible. Je me dis que c’est tellement gros, que ça nous épuise rien que d’y penser. Qu’il y a tellement de fronts sur lesquels agir qu’on en perd notre volonté. Que les luttes durent depuis si longtemps que si ça se pouvait, on l’aurait fait. Pas plus compliqué que ça.

Je ne me demande pas à qui la faute. On le sait. Tout le monde le sait. On ne sait juste pas comment arrêter le bulldozer du capitalisme. Pis mettons qu’on essaie. Mettons. Prends une feuille de papier et fais une “to do list” pour sauver l’humanité. Avoue que c’est plutôt ardu de choisir LA chose en mettre en premier. Et que la liste va s’allonger, et s’allonger, sans que tu ne saches trop quand ça va finir (esti). Que c’est pas-mal plus facile de se dire qu’on est trop petits, qu’il y a trop à faire, dans trop de domaines. Finalement, l’impuissance est un beau refuge, une zone de confort toute indiquée pour celles et ceux qui sont rebutés par l’effort.

J’aimerais ça faire ma fraîche, pis vous dire que je m’en fous. Mais en réalité, ça m’empêche de dormir la nuit. No joke. Je pourrais bien essayer de me concentrer sur mon p’tit bonheur à la campagne, mon petit rêve d’autarcie, pis continuer à faire mon compost pis mon jardin en me disant que je fais ma part. Mais si je fais un calcul rapide et réaliste… ce ne sera pas suffisant.

Je ne pense pas être too much quand je parle d’urgence. 2050, c’est demain matin. Il y a même des études pour dire qu’on est en retard dans nos prévisions, pourtant catastrophiques. Vu que je refuse le cynisme, et que je ne suis pas trop attirée par le nihilisme, il me reste au moins une option plausible: faire de quoi. Mais quoi?

Je ne commencerai pas à refaire le monde dans mon village de 400 personnes perdu au nord du Saguenay. Pas toute seule, en tout cas. Je sais que partout dans le monde, des initiatives concrètes telles que la décroissance soutenable, la permaculture, la simplicité volontaire, l’économie sociale et solidaire, pour ne nommer que celles-là (qui existent pour la plupart depuis les années 70 et même avant, je dis ça, je dis rien). Des dizaines de philosophies et théories se déploient et se côtoient tant dans le milieu de la recherche que sur le terrain. Il y a de quoi inspirer une “to do list” pour quelques années…

Au final, j’en reviens toujours au même problème. De cette situation trop énorme pour ma petite personne et les mini solutions que je pourrais engendrer même en étant super assidue et cohérente (ce que je ne suis pas). Sans parler de cet omniprésent sentiment d’impuissance qui me donne envie de m’éfouarer sur le divan devant une émission de tv. Alors, je fais quoi?

J’organise un festival.

(Attention, auto-plogue intense, tripes sur la table pis toute pour faire un peu de pub pour mon projet. Totalement assumé, ok?)

Avec trois de mes amiEs, on a décidé d’ouvrir un chantier dans notre cour. Un chantier de réflexion, pour élucider la question “quossé j’pourrais ben faire de productif pour améliorer le monde, dont?”. Ça fait qu’on s’est mis à inviter tout un tas de gens qui pensent qu’on peut faire quelque chose. Du beau monde. Qui ne veut pas changer LE monde, mais changer AVEC le monde. Des chercheuses, des penseurs, des artistes, des citoyennes, des musiciens, des enfants. Pour faire des conférences, donner des ateliers, échanger des idées, se rencontrer, discuter. Pour entrer dans cette fameuse TRANSITION, cette zone tampon entre un monde en crise perpétuelle et un monde résilient. Pour ouvrir des possibles dans nos têtes, donner à nos mains des manières de faire puis laisser souffler nos coeurs, aussi, un peu.

Je me dis qu’ensemble, on peut trouver des idées neuves.

On a appelé ça VIRAGE, comme dans il faut virer de bord avant de pogner un mur. Drôlement, ça ressemble à VIAGRA. Ça fait que Facebook censure nos pubs, pis vu qu’on est vraiment un nano-festival qui a juste deux ans d’existence, y’a pas grand média qui parle de nouzautres encore. C’est un peu pour ça que je me permets. Parce que j’aimerais tellement ça que tu viennes dans le champ en arrière de chez nous, un genre de paradis comme ça fait longtemps que t’as pas vu. On va écouter de la bonne musique live (on a vraiment invité des bons bands), on va regarder les étoiles, boire un peu beaucoup, quand-même, puis on va trouver ensemble quoi faire pour contribuer autrement, à un monde différent. On va faire quelque chose, pis je te promets que ça va être le fun.

Viens-tu?

Tant qu’à me ploguer, v’la ma réguine:

Le site → viragefest.com

La page Facebook → facebook.com/viragefest

L’événement FB.

Nous suivre sur Twitter → @FVirage

 virage_NEW_web

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :

Laisser un commentaire