10 raisons de la visite de l’UPAC à Saguenay

Souhaitons la bienvenue à celui qui ne compte pas

-Hervé Bouchard, Numéro six, Le Quartanier, 2014

Or donc, les enquêteurs et les policiers de l’UPAC (Unité permanente anticorruption) sont débarqués à Chicoutimi très tôt le matin du 14 septembre – sans avertir le maire la veille – pour enquêter sur – j’imagine – la corruption de la ville de Ti-Jean Tremblay. Ils auraient pu au moins être plus délicats comme dit le maire. Y venir en catimini ou en vélo. Bref, ne pas se faire remarquer au lieu de faire ce qu’ils ont l’habitude de faire ailleurs dans les autres villes, débarquer très tôt avant que les maires, les conseillers municipaux et les fonctionnaires aient fini de prendre leur douche.

Le maire de Saguenay a raison de se plaindre. Les gens de l’UPAC ont manqué de délicatesse. Ils connaissent très mal les us et coutumes d’ici consistant à tenir le maire au courant de tout avant les autres. Quand on enquête sur la corruption et qu’on soupçonne un peu tout le monde dans un appareil municipal d’être corrompu, on se garde une petite gêne.

On avertit la veille pour permettre aux concernés de vider tous les dossiers compromettants et les ordinateurs chargés de preuves accablantes. Jean Tremblay a raison de se plaindre jusqu’à à la radio poubelle de Québec où il tient une chronique matinale sans faire de vagues pour y coller le plus longtemps possible. Cachet intéressant oblige. Mais il risque bientôt de rejoindre Nathalie Normandeau sur une autre fréquence si l’UPAC lui trouve des poux corrompus en fouillant dans ses dossiers et ceux de Promotion Saguenay qui sont les mêmes. La conjoncture semble lui montrer la porte bien avant qu’il tienne la poignée…

Mais qu’est venu faire l’UPAC à Saguenay ?

Dix (10) raisons de sa visite qui en valent bien d’autres.

1 – Les flics et les enquêteurs de l’UPAC voulaient sortir de Montréal, de ses couronnes et autres banlieues. Ils ont droit eux aussi de prendre des vacances au Québec périphérique.

2 – Le maire avait besoin d’un autre slogan pour le parti du Citoyen. Il l’a trouvé quand il a vu arriver l’UPAC: « J’ai rien à me reprocher ».

3 – L’UPAC veut savoir pourquoi le maire Tremblay a décidé de ne plus se représenter aux prochaines élections municipales dans une ville qu’il semble contrôler de haut en bas.

4 – Les gens de l’UPAC croyaient que le maire Tremblay de Saguenay n’était qu’une caricature de Laflaque. Ils voulaient vérifier sur place.

5 – Ils voulaient rencontrer les deux conseillers municipaux qui continuent de travailler pour la ville malgré tout. La curiosité aidant.

6 – Ils ont loué dix chambres au motel Parasol à un prix ridicule. Ils vont faire venir les membres de leurs familles la fin de semaine.

7 – Ils soupçonnent le maire et Ghislain Harvey d’en mener large dans l’appareil municipal…

8 – Ils se demandent comment le maire de Ville Saguenay continue d’être à la tête de cette ville après tous ses impairs commis à répétition.

9 – Ils ont trouvé un gros scandale à Saguenay. Un très gros scandale. Ils avaient besoin de preuves complémentaires pour mieux étayer leurs poursuites.

10 – C’est le maire lui-même qui leur a demandé de venir enquêter pour faire son show de boucane et prouver aux autres villes poursuivies qu’à Saguenay on est dans le peloton de tête des villes dont on parle aux nouvelles. Qu’ici aussi la corruption municipale a droit d’être citée. Il a vraiment besoin de sujets pour sa chronique quotidienne. Surfer sur les potins du jour ne dure qu’un temps.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

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