#stopcultureduviol

stopbanne
** Ceci est le texte que j’ai lu lors de la prise de parole publique avant la marche contre la culture du viol s’étant déroulée à Chicoutimi, le mercredi 26 octobre 2016. Il est inspiré par plein de paroles de femmes, entendues/lues au cours des derniers jours. **

La culture du viol, c’est ta main qui me touche sans que j’aie dit oui. Même par-dessus mon linge. C’est quand tu me compares à un objet qu’on aurait laissé traîner là, ou une porte qu’on aurait oublié de barrer.

La culture du viol, c’est trois mois de prison pour vingt minutes d’action en arrière d’un container avec une fille évanouie.

La culture du viol, c’est quand une police te demande quelle longueur ta jupe, combien de verres t’avais dans le nez, que t’es mieux de dire la vérité parce qu’il y a des carrières des familles pis des vies qui valent plus que la tienne.

La culture du viol, c’est se faire dire par un juge que t’aurais pu serrer les genoux, que t’avais juste à te débattre, que t’aurais dû crier à l’aide.

La culture du viol, c’est dire avec mépris qu’il m’est jamais rien arrivé moi, que ça existe pas ÇA au Québec, dans notre belle société civilisée.

La culture du viol, c’est croire que de raconter une histoire d’horreur encore et encore, parler de son vagin à la télé, se faire basher sur les réseaux sociaux, voir tout le monde fouiller sa vie son passé ses habitudes, c’est croire que de revivre la violence en boucle et devant tout le monde c’est juste une manière d’attirer l’attention.

La culture du viol, c’est quand on admet volontiers et publiquement qu’une femme peut être tellement belle que t’arrives pas à te contrôler. Qu’elle a juste à pas s’habiller de-même si elle veut pas. Qu’au fond elle l’avait bien cherché.

La culture du viol est dans ma tête, quand je me dis que je suis privilégiée de n’avoir jamais été violée. Que tout ce que j’ai subi, tout au long de ma vie, est le lot normal de la féminité.

La culture du viol, c’est quand tout le monde sait, mais que personne parle.
C’est élever nos filles dans la peur.
C’est élever nos garçons en oubliant de leur dire SANS OUI C’EST NON.

Aujourd’hui, on est ici, toustes ensembles, pour dire que c’est pas normal.
Que c’est pas banal. Que ça nous concerne toutes et tous, que nier cette culture, c’est y contribuer.

Dans « culture du viol », c’est sur qu’on retient surtout le mot viol.
C’est violent, c’est percutant. Ça frappe.

Mais le plus important, dans cette expression, c’est le mot CULTURE.

« Un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent des justifications, des excuses, sont simplement banalisées, voire acceptées. » Si tu ne comprends toujours pas, Google est ton ami et Internet fourmille d’informations pertinentes. Cherche. Lis. Parle avec les femmes autour de toi. Écoute. Comprends.

#StopCultureDuViol

 

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :

Laisser un commentaire