Quelques devises pour Saguenay

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« Après moi le déluge » est la devise inavouée de tout et chacun : si nous admettons que d’autres nous suivent, c’est avec l’espoir qu’ils en seront punis

-Emile M. Cioran

Dans un effort plus ou moins avoué de contribution à la chose publique et à l’avenir de cette belle ville de Saguenay jamais tout à fait fusionnée, voici quelques propositions de devise pour elle et pour nous tous. Sachant que le maire bien aimé vient d’en faire malgré lui l’une de ses priorités, au lieu de loger les mal logés de Jonquière à Jonquière, au lieu de fournir aux organismes culturels des locaux adaptés à leurs besoins, au lieu de manipuler discrètement le sort des prochaines élections municipales sans même s’y présenter, au lieu de s’occuper des vrais enjeux démocratiques de cette ville, bref au lieu de consulter régulièrement ses citoyens d’abord qui passent toujours en dernier quand il est temps de décider quelque chose, osons formuler quelques devises ou «slogans» rassembleurs ou perturbateurs, s’ils en sont.

1 – Une ville, un clown

Nette référence ici à l’amuseur public qu’est le maire de Saguenay qui passe pour tel pour bien du monde, surtout pour le reste de la province. D’ailleurs c’est pour cette raison qu’on lui offre autant de tribunes médiatiques : pour amuser la galerie avec ses points de vue réactionnaires. Il est le seul à ne pas s’en rendre compte.

2 – Ici c’est skidoo

C’est pas moi qui le dit, le bureau touristique saguenéen mise toutes ses billes sur la pratique de la motoneige d’abord et avant tout. À l’extérieur de la région, les gens pensent vraiment que tous les saguenéens roulent en skidoo dans les rues de leur ville. Ce n’est pas tout à fait faux quand on fréquente le moindrement les pistes de vélo l’hiver.

3 – Ici on pédale

Petit clin d’œil au gourou local de la pédale, Pierre Lavoie qui voudrait que tout le monde ici vienne au monde sur un vélo…Devinci. Sa réputation de motivateur n’est plus à faire. Celle de conférencier non plus qui multiplie les conseils à tous ceux qui veulent bien croire à son rôle de preacher de la santé. La carrière politique n’est pas loin, malheureusement.

4 – La ville sans passé

Malgré la bonne foi du maire et son obsession religieuse, Saguenay voit disparaître, une à une, ses églises dont certaines très réputées sur le plan architectural. Je pense ici à l’église de Fatima à Kénogami sur le point d’être démolie. Ce slogan pourrait rappeler que la ville n’a jamais su développer une politique de conservation du patrimoine. La ville sans patrimoine, ou la ville qui démolit le vieux pour construire du neuf. Bâtiments comme édifices publics. Au grand plaisir des ingénieurs, amis du régime.

5 – Là où les autobus ne passent pas

Petite référence ici à la pauvreté du transport en commun de Saguenay. Impossible de se procurer des billets de bus dans les stations d’autobus. La station de bus de Jonquière ferme à 18 heures. Les chauffeurs conduisent comme des cowboys pour battre des records entre Chicoutimi et Jonquière. Ils forcent les clients à écouter radio X. Il y a des limites à torturer les usagers. Les abris de bus le long des routes sont trop souvent disparus sous la neige et la gadoue.

6 – La ville qui fait kwick kwick

C’est sans doute l’une des seules villes au Québec où l’on peut se procurer tôt le matin, et ce partout- au dépanneur comme à la station d’essence- le fromage en grain. Souvent celui de la Baie, propriété d’un conseiller municipal qui ne se cache pas pour afficher ses entreprises et ses immeubles au grand jour à toutes les occasions.

7 – La ville aux quartiers blancs

Petite référence à la politique de non-déneigement de certains quartiers de la ville l’hiver. La raison est fort simple : le maire veut économiser ce budget pour investir ailleurs. (Sans doute dans les rénovations du quai de croisière à la Baie où il a déjà englouti une petite fortune pour satisfaire son amour des bateaux qui voguent au large de tout…) Ce n’est pas du tout pour des raisons écologiques qu’il a pris cette décision. Par conséquent, il devrait permettre la circulation en skidoo, en skis, en raquettes ou en patins dans ces quartiers.

8 – Jean qui rit, Jean qui pleure

Depuis deux décennies, le maire de Saguenay dirige la ville comme si c’était son bureau de notaire, son dépanneur, son affaire à lui. Les conseillers qui l’entourent à l’Hôtel de ville n’ont jamais eu droit au chapitre. Il a toujours été le maire (maître) à bord. La devise pourrait nous le rappeler un certain temps avant de la modifier.

9 – Là où c’est pas drôle

Ceux et celles qui assistent parfois aux séances du conseil municipal saisiront davantage cette devise. Le maire préside les réunions du conseil sans jamais tenir compte de l’avis de ceux et celles qui sont autour de la table. Il les rabroue à l’occasion quand ils osent l’interpeller. À la période des questions, il lui arrive très souvent d’insulter les citoyens qui osent le contredire. Ces séances sont des cauchemars à oublier avec lui, une monumentale farce anti démocratique.

10 – À une heure et demie de Québec

Depuis que l’autoroute du Parc des Laurentides est à quatre voies, on a nettement l’impression d’appartenir à la banlieue de Québec. Les médias locaux couvrent de plus en plus les évènements de la ville du maire Labeaume, suggèrent des sorties québécoises, le maire de Saguenay collabore à une radio poubelle du Chemin Sainte-Foy et les fans de sports professionnels et de Metal ont des billets de saison au Centre Videotron. Sans oublier

Les retraités bien nantis de Québec qui achètent de plus en plus de résidences secondaires à Saguenay (Mont Valin) et au Lac (Saint-Gédéon). Saguenay est devenue malgré elle et avec la bénédiction du maire (qui adore cette ville) la périphérie de Québec. Son terrain de jeux.

10 – bis – Maintenant, on recommence

Une devise qui pourrait nous rappeler le passage trop long d’un magistrat imbu de lui-même qui aura miné considérablement la réputation de cette ville qui ne lui appartenait pas. En espérant qu’il disparaîtra de la carte pour de bon. Mais rien n’est pas si sûr connaissant bien l’individu en question aussi manipulateur sinon plus que le nouveau président américain.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

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