Les nouvelles hystériques

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La joie de voir enfin un article sur le trouble de la personnalité limite gâchée par la section commentaires. « Conseil d’ami: si ta nouvelle blonde est TPL, prends tes pieds à ton cou », le masque à gaz que j’ai oublié de porter, plus toxic que Weezing. Au moins la chanson de Britney est catchy. A crisse de folle like you / should come with a warning. Faites-vous du bien, arrêtez de parler à votre amie TPL. Mon absence, une thérapie. Pourtant, j’ai les os en verres et je marche avec délicatesse; si je tombe, je casse, trop fragile pour faire trébucher les autres avec moi.

Borderline insane. Le trouble de la personnalité est un cocktail de clivage dans tous ses aspects: par rapport à soi, aux autres, à nos émotions et à nos humeurs. L’impression de vide, la peur de l’abandon, l’anxiété et l’incapacité à gérer ses émotions font également partie des symptômes principaux du trouble. Toutes des caractéristiques associés aux femmes, poussées à l’extrême. Après tout, les femmes sont des paquets d’émotions, c’est bien connu, toutes des folles qui feraient n’importe quoi pour de l’attention, c’est typique des femmes; elles n’ont aucune estime de soi, c’est bien sûr, n’ont aucune stabilité, car elles sont menées par la passion, et non par la raison comme les hommes. À croire que j’ai le genre malade, pas seulement la personnalité.

Mes émotions carbonisent chacun de mes organes, transpercent toute la surface de ma peau; mon corps est lourd d’un vide sans fond, avide de tout ce qui pourrait le combler, quelques secondes durant, au moins, parce que tout ce poids rend ma respiration incertaine. Je ne suis pas une « crisse de folle », je suis tellement plus, folle à la puissance mille, tellement excessive en tout qu’on devrait donner mon prénom aux plus destructrices des tempêtes et, surtout, surtout aux journées les plus ensoleillées.

Le TPL a la démesure qui va dans tous les sens: les down tirent sous la terre, mais les up nous amènent si près du soleil qu’on s’en brûle les doigts. Ainsi, les personnes qui ont un trouble de la personnalité ont tendance à être plus sensibles aux sentiments des autres, à être particulièrement empathiques, mais aussi plus créatifs, plus loyal. Nous avons plus d’émotions que la moyenne, nous aimons donc plus que la moyenne. Nous avons, souvent, une violence d’être si colossale qu’on pourrait y consacrer une mythologie, une petite rareté dont la grandeur ne pourra jamais, jamais, jamais être contenue dans les courts mots « crisse de folle ».

Catherine Fortin

Source de l’image en couverture: http://www.productivenerd.org/home/when-im-overwhelmed

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