Pour une aile « vieillesse » du PCS

©Sophie Gagnon-Bergeron

Vieillesse : période de la vie où nous transigeons avec les vices que nous continuons de chérir, tout en repoussant avec horreur ceux que nous n’avons plus la faculté de commettre.

Ambrose Bierce, Le dictionnaire du diable, 1911

Ne soyons pas en reste nous les ainés, les tits vieux flapis qui roulons avec Pierre Lavoie pour ne pas passer pour dépassés au risque de se donner un mal de dos de chien. Agissons que diable comme viennent de le faire les jeunes appelés par la grâce, la fourbe et le sens de l’organisation (et peut-être aussi son cell…) du chef officiel du PCS, Jean-Pierre Blackburn lui-même.

Je peux même le traiter de tit-vieux impétrant le Jean-Pierre car je suis plus tit-vieux que lui et je me sens directement interpellé par cette aile jeunesse du PCS qui nous semble pédaler plus vite que nous les tit-vieux qui dormons au gaz ou sur nos vélos en déboulant la côte de la Réserve. Que diable, il nous faut rapidement réagir et gonfler tout de suite cette aile « vieillesse » du PCS, oui oui, le Parti des citoyens de Saguenay fondé par – mais oui – des ainés de la politique municipale sous la gouverne de vous savez qui, celui qui a pris la décision malgré lui de lâcher les guidons de la ville avant de prendre le clos ou de faire une crevaison définitive emportant avec lui tout son peloton de cyclistes cordés contre son arrière-train.

Vous allez me dire, pourquoi mettre sur pied ou sur pneus, une aile « vieillesse » d’un parti composé en majorité de candidats d’un certain âge, comme si pour en faire partie il fallait automatiquement être retraité de quelque part ou avoir déjà manœuvré dans les entourages du maire sortant de piste?

Bonne question comme dirait un politicien qui vient se faire prendre le cuissard à terre. Voulez-vous répéter la question?

C’est un truisme d’affirmer que le PCS ne brille pas par la présence dans son peloton de candidats jeunes, carburant au vrai changement de garde. La moyenne d’âge frôle la soixantaine comme d’ailleurs celle de l’autre parti comme plusieurs des autres candidats préférant pédaler en solitaire sous prétexte que le parti politique d’où qu’il vienne oriente toujours les décisions futures et contamine le porteur de bonnes intentions.

Et si on reformulait la question. En quoi une aile « vieillesse » du PCS ferait-elle avancer la cause perdue de ce parti fondé uniquement pour mieux financer la campagne de ses membres qui ne veulent pas trop s’endetter? Mais comme dirait le fils de Donald Trump, pour « plus de transparence » que diable. Pour enfin mettre toutes les cartes sur table et dévoiler toutes ses vitesses. Le PCS risque d’attirer les électeurs qui ont déjà voté pour son fondateur depuis deux décennies. Inutile de le cacher. Ce sont les tit-vieux et les tites-vieilles qui votent pour le statu quo et les valeurs prônées par l’administration sortante. Cette aile ne ferait que confirmer ce que l’on sait déjà : la politique municipale saguenéenne sert avant tout une classe de politiciens qui croient que la démocratie se résume à se faire élire aux quatre ans. Ensuite, les élus font ce qu’ils veulent bien faire pour plaire à ceux et celles qui ont voté pour eux. L’opposition est un cancer qu’il faut attaquer à forte dose de dénonciations et de menaces. Les décisions sont prises la plupart du temps sans consultation aucune des autres élus et encore moins de la population. On tient compte avant tout et uniquement des intérêts du cercle d’amis du régime, soit les entrepreneurs, les bureaux d’avocats et de notaires, les consultants gagnés à la cause qui veulent en profiter (ex. les communicateurs du maire comme Carol Néron qui rédige des mémoires pour lui depuis des lunes et que le premier magistrat répudie subito comme tant d’autres (ex. Bernard Noël ) pour sauver sa «réputation» et les organismes complices y compris la grande majorité des médias qu’on arrose de contrats publicitaires régulièrement pour les garder dans le peloton.

La mise en place d’une aile « vieillesse » du PCS permettrait surtout à l’aile « jeunesse » du même parti de diviser avec celle-ci les frais de location des locaux de réunions de même que ceux des canapés lors des réceptions officielles. Ce serait un premier pas en douceur vers le changement de garde malade. Ces échanges intergénérationnels profiteraient sans doute à l’avenir de ce parti dirigé par Jean-Pierre Blackburn que les « jeunes » considèrent comme LE politicien municipal du renouveau et des valeurs renouvelées. Dommage que ces jeunes de l’aile jeunesse ne se souviennent pas du vrai Jean-Pierre Blackburn, ce « travaillant plein d’écoute » devant Stephen Harper pendant des années. Et… récompensé pour ses loyaux services serviles en se faisant nommer délégué permanent à l’UNESCO à Paris après sa défaite aux élections de 2011. Les valeurs du régime Harper fondées sur la loi et l’ordre, contre les syndicats, les mouvements féministes, environnementalistes, progressistes et j’en passe – ces valeurs militaristes étaient fortement appuyées et partagées par JP Blackburn. Moi qui croyais que la jeunesse d’ici conspuait l’idéologie harpeurienne. Vivement une aile « vieillesse » du PCS pour rajeunir l’autre aile.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

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