Carnet de campagne – C’est qui le prochain?

©Sophie Gagnon-Bergeron

Tout chef politique doit avoir l’instinct du tueur

Françoise Giroud

Ainsi donc Jacques Fortin nous quitte. Il ne sera pas notre prochain maire à temps plein. Selon lui, ses adversaires ont des moyens qu’il n’a pas pour gagner la mairie de Saguenay et le cœur des électeurs indécis. Il a peur de terminer bon dernier dans ces prochaines élections municipales. L’appui de Marina Larouche ne lui suffit pas. Le premier sondage de la campagne l’a refroidi tout en lui ajoutant une autre couche d’expérience. Il a bien réfléchi et a décidé de tirer sa révérence de la politique. J’imagine qu’il garde tout de même son poste de directeur du Musée de la Pulperie… obtenu par favoritisme du temps qu’il était dans les bonnes grâces du maire sortant. Il avait peut-être dans l’idée de devenir maire tout en conservant sa job de muséologue…

Pauvre Jacques qui na pas encore saisi que le slogan qui lui collait à la peau, « Fortin, un gars de terrain » le poursuivait depuis le début de la campagne électorale. Il était grand temps qu’il s’en rende compte. Maintenant, à qui le tour de bien réfléchir avant de continuer à faire des promesses à gauche et à droite? Qui sera le prochain candidat forcé de démissionner pour ne pas se voir tourné en ridicule?

Je parie que le bon docteur Gagnon a déjà une longueur d’avance pour continuer de se mettre les pieds dans le plat municipal. Parachuté sans doute par ses amis de la Baie (dont évidemment Ghislain Harvey, le vendeur de fromage en crottes qui se laisse désirer et Pierre Lavoie dit le cube d’énergie payant) à la tête du Parti du maire et des citoyens d’abord, il pourrait lui aussi se voir accoler le même slogan que Jacques Fortin, « un homme de terrain » tant il semble spéculer sur les terres baieriveraines de plus en plus précieuses pour l’avenir des entrepreneurs d’ici. Le bon docteur Gagnon semble aussi avoir la manie du maire sortant et de plusieurs de ses anciens conseillers restés fidèles. Il a toujours raison malgré le fait qu’il fasse, dans sa vie active, quelques coches mal taillées. Bref, ce nouveau chef du Parti des citoyens du maire perd une couche de crédibilité à chaque fois qu’il ouvre la bouche pour nous faire croire qu’il se démarque de l’ancien régime et du maire sortant. Comment fera-t-il pour se détacher de l’autoritarisme politique du maire Tremblay sans se le mettre à dos?

Au moment où je vous parle (j’aime cette expression vide de sens qui ferait un très beau titre d’émission radiophonique) le maire actuel essaie difficilement de se détacher de son rôle de retraité. Il règle ses comptes avec Jean-Pierre Blackburn, l’ex-chef honni du PCS, pour le plus grand plaisir des autres candidats à la mairie et des médias qui adorent en campagne ce genre de diversions. Les campagnes électorales municipales ne sont jamais particulièrement agitées. La plupart du temps, les dés sont pipés pour les maires sortants. Ça semble encore le cas ici malgré le fait que celui qui s’agite le plus ne se représente pas.. Le maire Tremblay s’ennuie des micros. Il voudrait bien lâcher prise, mais en attendant de se retirer dans son condo de Québec avec sa tendre moitié qui le titille à l’excès (n.b. il faudrait un jour analyser les remarques de celui-ci sur son désir sexuel…), ronge son frein et la réputation de Jean-Pierre Blackburn. Ce dernier ne sait plus comment s’en sortir. Le maire l’accuse de tous les maux, de non transparence à la fin. Venant du maire Tremblay cette accusation a de quoi amuser la galerie. De tous les maires du Québec actuels il est sans doute le plus opaque. Il a toujours dissimulé ses intentions et ses décisions sous le couvert d’une vision éclairée de la chose publique. Sans oublier sa foi religieuse qui lui permet des consultations célestes pour ne pas dire divines le situant au-delà de toute critique terrestre.

J’espère que le bon docteur Gagnon va rapidement investir ses cubes d’énergie pour se confronter au maire sortant. Ce qui fera éclater rapidement le PCS dans toutes les directions ainsi que ses membres encore actifs. C’est que l’on souhaite de tout cœur en attendant la suite. Dans le fond, même absent de la campagne, le maire sortant domine encore les palmarès des citations et des sorties déplacées. J’ai peur que certains électeurs votent encore pour lui le 5 novembre prochain par inadvertance.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

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