Carnet de campagne 2 – Comment dire À Dieu à Jean Tremblay?

©Sophie Gagnon-Bergeron

Politique : lutte d’intérêts déguisée en débat de grands principes. Conduite d’affaires publiques pour un avantage privé

-Ambrose Bierce, Le dictionnaire du diable, 1906

 

Certains médias sont spécialistes des fausses informations

-Donald Trump

 

Certains plus que d’autres vont s’ennuyer du départ de Jean Tremblay comme maire de Saguenay. Ils s’en accommodaient, en profitaient par la bande, en tiraient parti à leur façon. Je pense ici à certains médias (pas tous, mais sûrement la radio radoteuse X et à notre grande étonnement Le Quotidien, acoquiné un moment avec celle-là pour commander un fake-sondage sur la présente campagne électorale municipale). On a demandé aux électeurs si le maire remporterait ses élections s’il se représentait…

C’est quoi cette idée-là de faire semblant que le maire qui se retire enfin continue malgré tout d’occuper la plage-horaire de la présente campagne? On décode là la manière «divertissante» et biaisée d’informer de radio XYZ qui fonctionne toujours sans salle de presse, sans journalistes officiels puisque pour ces gens-là des animateurs de radio à tout faire peuvent se prendre pour entre deux spots publicitaires. Pour le reste, on se contente de surfer sur les nouvelles des salles de presse de la SRC, de TVA , du Journal de Québec surtout et du Quotidien qui lorgne de plus en plus – j’allais dire certains journalistes et éditorialistes en quête de cachets – du côté de la radio radoteuse locale pour se faire une réputation et de l’argent de poche. S’informer à cette radio parlée pour ne rien dire ou pour dire ce qu’on sait déjà c’est comme considérer Richard Martineau pour un informateur crédible – sans préjugés, sans intérêts personnels et financiers, sans médias de son bord à lécher – qui lui aussi désinforme les lecteurs et les auditeurs pour alimenter sa cote d’écoute et sans doute aussi celle de sa compagne/perroquet, les deux qui ne cessent de voir des terroristes de gauche dans leur assiette de pigistes gras durs en donnant des leçons de bonne conduite et de tolérance.

Bref.

On vient tout de même d’inventer ici le fake-sondage à défaut d’avoir inventé la fake-nouvelle de Donald Trump. Les Saguenéens sont débrouillards…

Mais passons aux choses sérieuses. Entre deux ou trois autres promesses électorales tellement collées au vécu local et au déjà-vu – ex. tous les candidats restants n’arrêtent pas de faire du Jean-Pierre Blackburn – qu’on en oublie que ce dernier a d’abord exercé comme profession celle de vendeur de balayeuses. Ça marque un homme et un politicien pour la vie. Pour lui la politique c’est du pareil au même, une mise en marché de produits connus et une volonté de convaincre tel un témoin de Jéhovah avec des idées déjà reçues depuis longtemps.

Mais admettons que la promesse de rendre gratuit pour tous le transport en commun étonne dans une région où les vendeurs de chars sont rois. Et rien pour l’installation de parcomètres en ville, rien sur le Bixi partout, rien sur la gratuité des vélos Devinci pour les non fortunés et le plus critique, rien sur l’étalement urbain qui force les gens à se procurer un autre char et à enrichir hypocritement les entrepreneurs et la Ville depuis 20 ans. Le secret mal gardé du régime Tremblay. Rien de rien pour changer les habitudes de vie de nos cowboys de la route et de nos concessionnaires automobile qui financent la ville et les animateurs de radio privée. Rien de rien.

Bref.

Passons donc aux choses sérieuses.

Comment dire À Dieu à Jean Tremblay?

Allons-y donc pour dix propositions encore une fois. Affaire de meubler le silence sur son avenir nébuleux qui semble le troubler malgré lui. Et nous davantage.

1 – Sonner toutes les cloches des églises de la ville de Saguenay le soir des élections. Comme le jour de la libération en France et ailleurs dans le monde lors de la victoire des alliés en 1945. Rien de moins.

2 – Organiser un gros rave dans le vieux Port de Chicoutimi, ou sur le Quai des croisières à la Baie ou à la Place du citoyen d’abord ou dans la rue Saint-Dominique en face de la Bibliothèque pour fêter ça. On sait comment le maire détestait les raves, rassemblements d’athées plus ou moins drogués qui s’adonnent à des plaisirs défendus.

3 – Lui donner en cadeau un missel, un chapelet, une montre avec la photo de la Sainte-Vierge ou celle de Ghislain Harvey.

4 – Lui payer une croisière très longue dans les îles Moukmouk.

5 – Lui donner l’une des églises saguenéennes en voie de démolition ou de fermeture. Lui qui rénove actuellement une église de Beauport en banlieue de Québec. Toutefois, il est trop tard pour lui refiler l’église Notre-Dame-de-Fatima.

6 – Nommer en son nom le trou de bouette de Saint-Jean-Vianney.

7 – Lui permettre de faire du bénévolat au service des archives de Radio-Canada pour compiler toutes ses déclarations publiques des vingt dernières années.

8 – Ouvrir un kiosque à l’Étape pour qu’il puisse signer des autographes et distribuer sa photo aux automobilistes qui passent là se soulager.

9 – Monter une campagne de financement pour qu’il s’ouvre un salon de coiffure.

10 – L’encourager à écrire et à produire un show comique sur son expérience à la mairie et partir en tournée partout et ailleurs.

Pierre Demers, cinéaste et poète arvidien

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