« Un homme à femmes », « Il aime les femmes », « J’aime les femmes »

(C)Photo par Dominique Chartrand

« Un homme à femmes », « Il aime les femmes », « J’aime les femmes »… Comment justifier des actes irrespectueux (portés contre) comme étant de « l’amour » (envers l’autre)? Comment le fait d’aimer peut-il être associé de la sorte à l’annihilation de la volonté de l’autre, à une réduction de l’autre à un simple état d’objet?

« J’aime tellement les femmes » que je ne peux m’empêcher de leur sauter dessus? De les embrasser? De les toucher?

« Je les aime tellement! » que je ne m’attarde qu’à mon propre désir et à l’objet de mon désir c’est-à-dire leur corps. Mon amour pour elles est si grand que je n’ai que faire de leur amour propre.

C’est vraiment ça… aimer?

Limiter l’existence de l’autre à une corporalité, ignorer toutes formes de personnalité et le soumettre à son propre désir? Lui faire subir sa volonté sans même concevoir que cette volonté puisse être questionnable encore moins reprochable?

Pour ceux qui sont témoins et qui osent dire, c’est « un homme à femmes », c’est « un homme qui aime les femmes »… c’est vraiment ça aimer les femmes? Les tripoter, les rendre mal-à-l’aise, faire fi de leur intelligence, de leur personnalité, de leur propre volonté et les réduire à un objet de désir?

C’est vraiment comme ça que vous considérez les femmes? Que vous croyez acceptable d’agir envers elles? Envers mères, blondes, amies, filles, femmes?

Plus d’une fois j’ai été témoin de gestes dégradants posés envers des femmes. Plus d’une fois j’ai été choquée. Plus d’une fois j’ai réagi, mais plus d’une fois j’ai entendu ces autres justifier les actes observables et observés en citant « alcool », « légèreté », « sans gravité », « il est comme ça » et « juste drôle » en guise d’excuse…

Plus d’une fois j’ai mesuré la distance entre ces propos et ceux tenus par les femmes, qui se disaient, de voix ou de corps, pendant ou après… « harcelées », « coincées », « mal-à-l’aise »… plus d’une fois j’ai mesuré la distance entre le malaise des femmes et le rire ou le silence des autres qui consentent par absence de toutes autres actions concrètes.

J’ai été choquée par les gestes, mais je crois encore plus par la banalisation faite par les témoins de ces gestes.

Je suis à un point dans ma vie où colère laisse rapidement place à tristesse et moi, femme, mère de filles, amie d’amies, qui croise de magnifiques inconnues… je pose fermement cette question, comme un triste constat… Ces gestes que vous associez à de l' »amour »…  est-ce vraiment là « aimer (les femmes) »?

Si tel est le cas, je ne peux m’empêcher de penser que vous me verrez peinée… si jamais un jour je vous savais « aimés ».

Encore mieux…
… qui sait? Peut-être qu’à force d’épuisement ma pensée « évoluera » et qu’au lieu de voir ma peine vous ferez face à mon silence ou encore mieux, vous entendrez mon rire retentir…  vraiment qui sait? De l’Histoire… qu’elle pensée n’a jamais pu/ su, en bien ou en mal, évoluer?
NDLR: Ce texte a été écrit en réaction à celui-ci.

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