La croisière ne s’amuse plus

©Sophie Gagnon-Bergeron

La démocratie c’est d’abord se faire élire…

Jean Tremblay, Le Réveil, 15 octobre 2010

Or donc, on s’en doutait bien tout de même, l’après-régime Jean Tremblay réserve plein de surprises, des rebondissements et des grincements dedans. En fait, l’ancien maire plus catholique que le pape demeure toujours bien présent dan son royaume malgré sa disparition. Il y restera aussi longtemps que ses créatures y seront actives. Tant que le nouveau régime n’aura pas fait le grand ménage qui s’imposait dans sa façon de gouverner, de prendre toutes les décisions sans consulter personne, sa manière bien à lui de s’entourer de béni-oui-oui comme le maire de Bégin et préfet Savard qui fait honte aux politiciens et aussi aux mécaniciens moins trépanés que lui. Mais on sait combien l’ancien maire aimait s’entourer de complices plus ou moins allumés. Jean Tremblay règnera encore sur sa ville si l’on ne passe pas les grandes eaux dans tous les organismes qu’il avait infiltrés.

Il me semble qu’il faut impérativement écarter des lieux de décisions de la ville tous ceux qui mangent encore à l’auge de l’ancien maire. Tous ceux et celles qui en ont profité pour s’installer à demeure et siphonné les fonds publics sans rendre de compte à personne. Des noms? Vous voulez des noms? Pourquoi pas?

Deux pour le moment qui méritent de prendre le large, d’aller rejoindre l’ex-maire sur son bateau de croisière, l’avocat Pierre Mazurette qui cautionne légalement toutes ses magouilles depuis des années tout en empochant des dividendes professionnelles à ne plus savoir qu’en faire. L’exécutant juridique des basses manœuvres du maire intouchable. Il a beau avoir enrichi le bureau Gauthier-Bédard depuis des lustres, se targuer d’être le serviteur le plus honnête en ville, ce personnage a littéralement dissimulé les décisions partisanes du maire Tremblay trop longtemps. En plus, son poste de président de Diffusion Saguenay lui a permis de prendre le contrôle de la plupart des offres de diffusion culturelle de la région et de régner sur un domaine comme s’il en était le propriétaire d’office comme de La Fabuleuse qu’il a honteusement subventionnée pour servir l’obsession du maire : les bateaux de croisière.

Peut-on connaître le salaire de ce président qui exerce ce poste quand il ne passait pas ses journées au Palais de Justice à défendre les causes perdues du maire Tremblay? Je l’ai régulièrement croisé arpentant les couloirs là-bas.

Le second qui doit prendre le large le plus rapidement possible c’est le beau Fabien Hovington qui ne s’occupe plus de politique selon ses dires mais qui s’entoure tout de même de ses amis du Parti des citoyens sur le conseil d’administration de la Zone portuaire. Cet autre personnage n’a plus de raison d’être dans le paysage municipal saguenéen. Lui aussi s’est sans doute tricoté une convention collective à sa mesure comme Ghislain Harvey l’a fait avant que le maire quitte la région part la porte d’en arrière. Le maire a toujours eu un petit faible pour ses amis du régime qui le vénérait à quatre pattes sans rien ébruiter de compromettant.

Commençons donc par faire disparaître ces deux personnages voués au culte et au service de Jean Tremblay : Pierre Mazurette et Fabien Hovington. Le grand ménage de l’automne commence par là.

On verra pour la suite des choses. Des noms vont sortir, des contrats imbuvables comme celui de Ghislain Harvey vont remonter à la surface et les amis du régime finiront bien par se sentir de trop dans la nouvelle administration. Ils se retireront discrètement comme le vendeur de fromage en crottes de la Baie, Francyne Gobeil, la grande argentière du régime avec Ghislain, etc.

En terminant pour le moment, j’aime bien voir aller les médias d’information monter aux barricades pour dénoncer le régime Tremblay et ses profiteurs. Ceux-là même qui trop longtemps ont louangé le bon maire pour son administration exemplaire et son sens du bien commun. Pour ses sorties publiques dans les médias nationaux pour «nous mettre sur la map». Tous ceux qui en ont profité en touchant les contrats publicitaires de la ville et de Promotion Saguenay. Tous ces médias – à part quelques-uns plus allumés – qui ont capitalisé sur les largesses et les réparties du maire pendant vingt ans.

Sur son sens de l’humour à sens unique. Ceux-là même qui se demandent maintenant pourquoi donc Jean Tremblay ne répond-t-il pas aux accusations de népotisme qui fusent de toutes parts? Pourquoi donc ne se défend-t-il pas?

Peut-être parce que sa façon de régner sur la ville pendant trop longtemps était indéfendable. Que sa manière de faire est devenue classique. Rappelez-vous lorsqu’il a quitté sa profession de notaire en catastrophe pour plonger tête baissée à la mairie de Chicoutimi. À cette époque-là, il trempait dans des magouilles de spéculations foncières. On a rapidement étouffé l’affaire. Il a changé de patinoire. C’est ce qu’il vient de faire en quittant la mairie pour se réfugier dans sa ville préférée, Québec, où il séjournait presqu’à toutes les fins de semaine quand il régnait du lundi au vendredi sur Saguenay. Le bon maire a avantage à rester coi un bon bout de temps. C’est le retour du balancier. Il n’a pas fini de faire parler de lui le bon maire. Je ne crois pas que la nouvelle administration de la ville le consulte sur la marche à suivre pour l’avenir de Saguenay. J’aimerais bien savoir le contenu de la lettre qu’il a laissée à la mairesse avant de disparaître… On en reparlera.

Pour le moment, les grandes eaux coulent abondamment dans les écuries d’Augias Tremblay. Il était temps. C’est rafraîchissant.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge arvidien

 

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