T’as juste à ignorer…

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Les fêtes arrivent. On va voir nos proches et notre famille. Les party de bureau et de familles s’en viennent. Vous avez sûrement plein de belles histoires à raconter, mais d’autres personnes vivent des situations qui les mettent mal à l’aise à différents degrés. Une phrase revient souvent et c’est le titre de ma chronique.

Avez-vous déjà entendu ça? Solution facile? Manière de se débarrasser des problèmes qui nous sont confiés par un proche? Je vois ça comme de la banalisation d’une situation déplaisante. Sans s’en rendre compte, certaines personnes vont dire ça dans l’espoir que ça aide vraiment quelqu’un mais ça n’aide pas la personne qui se plaint à réaliser qu’elle est dans une situation qui mérite d’être prise au sérieux.

On voit aussi beaucoup ça avec la santé mentale. Le documentaire Bye vient de passer à la télévision. Alexandre Taillefer a participé au projet pour que la cause de la santé mentale soit prise au sérieux tant par la société que notre gouvernement. Souvent, quand on parle de dépression (qui peut mener au suicide, je tiens à le rappeler), on voit des commentaires du type ‘’ouais mais sors, sois positif.ve, ignore tes mauvais sentiments, tu exagères sûrement’’. Je peux vous garantir que les larmes d’une personne dépressive ne sont pas inventées. Malheureusement, ces situations créent un effet pervers dans le sens que la personne atteinte de dépression ou d’une autre maladie mentale banalisera sa propre situation et hésitera à aller chercher l’aide nécessaire.

Au niveau de la cause féministe, j’ai fait les frais de la banalisation après avoir porté plainte à trois reprises pour harcèlement sexuel. Ignorer (ce que m’a suggéré la sécurité publique sans prendre mes plaintes au sérieux) n’a pas réglé le problème, mais fait augmenter la colère de mon harceleur. Je dois consulter pour ça aujourd’hui. Ça a beau se passer sur les réseaux sociaux, le harcèlement sexuel cause des blessures, qui, elles, ne sont pas virtuelles.

Au niveau scolaire, les jeunes victimes d’intimidation entendront ceci de la part du personnel, pensant qu’ignorer les intimidateurs réglera la situation. Or, si ça peut marcher dans certains cas, l’intimidation laisse des traces (voir ICI). Ignorer ne règle pas le problème, car le mal est fait.

Ces trois situations dont sont victimes plusieurs personnes sont souvent banalisées avec des « laisse-les faire, ignore-les\ça ». Je suis sûre que si société et gouvernement cessaient de prendre ces situations à la légère, les victimes iraient chercher de l’aide plus fréquemment et on mettrait en place des plans d’action pour aider les personnes avec des maladies mentales et les victimes de mauvais traitements physiques et psychologiques. Ignorer, ça veut dire laisser faire. Laisser se produire quelque chose qui ne doit pas se produire. Il faut encourager les gens à refuser de vivre de telles situations en les incitant à dénoncer et en tant que société, s’ouvrir et comprendre à quel point il faut prendre au sérieux des situations qui peuvent mener au suicide de la victime. Une personne aux prises avec des problèmes de santé mentale n’a pas besoin de se faire dire de sortir et voir des amis, mais d’être écoutée et d’avoir accès aux soins nécessaires. Une personne victime d’intimidation n’a pas à entendre des choses blessantes quotidiennement, mais doit pouvoir étudier\travailler en paix. Une femme victime d’harcèlement sexuel n’a pas à subir l’obsession sexuelle d’un harceleur, mais exister sans se sentir comme un morceau de viande. Tout le monde doit exister sans subir de la violence. Bref, je rêve d’une société où l’on cessera de dire aux gens d’être plus tough et de laisser faire. On dit aux gens d’ignorer pendant qu’on ignore leurs souffrances à elleux.

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