« Comme des marcassins »

(C)Photo par Dominique Chartrand
Avant-hier de la manière la plus bête qui soit je me suis fait avoir « comme un marcassin* » dirait Astérix.
Aujourd’hui, choquée je suis.
Contre moi
ET mon besoin que la souffrance que je porte s’apaise
ET aux conneries que ce besoin semble me pousser à faire.
Ce besoin qui devient pressant au point de voiler ma lucidité.
Je dois être honnête avec vous.
Plus d’une fois j’ai connu cette situation.
Par exemple, dans le passé je n’ai pas voulu voir que mon amoureux (de l’époque) était un mythomane, qu’il arnaquait et qu’il m’utilisait à cette fin… je voulais tant croire en l’amour, je voulais tant croire qu’ENFIN on m’aimait, qu’ENFIN j’étais aimée. Que lorsque j’ai vu… je suis restée.
À force d’examen de conscience  il est facile de mettre le doigt sur le « patern ».
Mais le fait n’en est pas moins choquant.
Avant-hier, un homme a réussi à me vendre un Macbook pro 2011 de base alors que je croyais acheter un 2014 bien équipé.
On a vendu, à moi… la femme la plus sensible et analytique, qui vois tout, ressens tout… de la pacotille!?
Et pourtant, j’ai bel et bien vu  les indices qui indiquaient que quelque chose clochait.
J’ai vu qu’il était nerveux,
sentais qu’il mentait concernant son identité,
que la manière dont le lieu de rencontre avait été fixé était douteuse,
que la menace de vendre à un autre était un peu trop souvent répétée,
etc.
… j’ai tout vu.
Mais j’ai sorti mon argent et je n’ai pas seulement accepté de prendre l’ordinateur… j’ai accepté que l’on me berne.
Je peux vous assurer que je n’ai pourtant pas été si imprudente. J’étais accompagnée par un ami, crack des Macs, qui a pu faire une panoplie de vérifications et poser beaucoup de questions (45 minutes). On ne voulait pas acheter un ordinateur volé ou qui démontrait un signe quelconque de malfonction qui aurait encouru des frais supplémentaires pour moi. Comprenez que je ne suis pas riche. Les lacunes visibles n’étaient pas techniques, mon ami n’a pu les voir que lorsqu’il a réinstallé le système … toutes les informations visibles à prime à bord… Macbook pro 2014, processeur i7… etc, se sont évanouies et d’autres informations toutes autres sont alors apparues… Macbook pro 2011…etc.
(P.S. Ne me servez pas la morale… sur kijiji = pas de garantie! Je sais, je sais! Mais oui, tout ceci est risible.)
Le fait est un prétexte. C’est-à-dire que cet événement démontre quelque chose de plus grand que la simple fraude. Elle démontre un mécanisme présent chez moi qui fait qu’en certaines circonstances, malgré le fait que je puisse détecter l’abus, voir l’abus, je me ferme les yeux et l’accepte.
Pourquoi? Parce que mon histoire me le dicte? Parce que je ne vaux pas mieux?
Le bon côté du fait d’être « choc-quée » c’est que j’ai été en arrêt et ai pu réfléchir sur le pourquoi de la chose. Pourquoi j’ai agis ainsi? Parce que je voulais ENFIN retrouver la paix, avoir ENFIN les moyens techniques et pouvoir ENFIN recommencer à créer? Certainement… mais paradoxalement, c’est l’inverse que j’ai privilégié. À vouloir trop atteindre le rêve, tel Icare, je me retrouve en réalité plus éloignée de mon but.
Pathétique non?
Outre réfléchir, je peux aussi heureusement être proactive et passer à l’action. Car les « Si seulement…  » harassent mon esprit mais ne me sont d’aucune utilité. Les instances policières ont donc été contactées, je vais communiquer aussi avec le lieu pour voir si des images vidéos ont été captées et je vais aussi voir, avec l’aide de mon ami qui est aussi sous le choc que moi, ce que je peux faire de positif avec « mon » ordinateur. Selon ma philosophie, il y a toujours quelque chose de positif à chaque bévue. Réfléchir ET agir me console et m’aidera probablement à empêcher qu’une telle situation se reproduise. L’apitoiement ne fait pas partie de ma manière d’être, tourner en rond ne me fera certainement pas avancer.
Et maintenant, si je réfléchi encore, j’habite à Montréal et suis une amoureuse de la nature ET JE VOIS … l’état pitoyable des routes , l’omniprésence des sans abris , de la pollution et la ruine par une exploitation outrancière de nos rivières, de notre fleuve, de nos forêts, de nos terres par les grandes compagnies, des poisons présents dans ce que nous mangeons, de l’existence de l’obsolescence programmée et je me dis que je ne suis clairement pas la seule à posséder ce mécanisme… Et comme moi, bien d’autres citoyens, acceptent de sortir l’argent de leurs poches de payer des impôts, d’acheter des produits au quotidien. Tout ceci en sachant pourtant que trop bien, qu’ils se font eux aussi avoir comme moi… comme des marcassins.
*Marcassin = bébé du sanglier

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