Des promesses, des promesses

Chronique 6 du temps incertain

Durant cette période, les Écotopiens demantelèrent leur système national de recettes de dépenses publiques pour en transférer presque intégralement le contrôle aux collectivités locales. Cela permet aux citoyens de réfléchir à la manière dont ils souhaitaient organiser la vie en commun, la répartition des populations et leur densité.

-Écotopia, Ernest Callenbach, 1975

Durant une pandémie de cette nature – on ignore pour l’instant où se trouve la porte de sortie pour la plupart des pays du globe -195 et +-

Atteints sévèrement – les règles du jeu démocratique et médical changent du tout au tout. Les politiciens improvisent pour la plupart et certains d’entre eux se fourvoient avant de prendre le rang comme tous les autres. Je pense ici à quelques-uns d’entre eux qui n’ont pas voulu suivre les avertissements des médecins et des scientifiques qui les entourent comme le président des Etats-Unis, celui d’Angleterre, de Russie, du Brésil et certains autres qui se croyaient au-dessus de tout virus.

Maintenant, dans la phase critique où les citoyens, surtout âgés, tombent comme des mouches à l’hôpital ou dans les foyers qu’on leur a réservés pour «les protéger de tout», et bien les promesses fusent.

Désormais, quand la pandémie sera mieux contrôlée, on nous promet à tous et à toutes de mieux faire les choses. On prendra davantage soin des plus vulnérables, on payera mieux les soignants du bas de l’échelle, pas seulement les médecins qui, faut le dire, on tout de même l’intelligence médicale pour bien conseiller tous les présidents et premiers ministres de ce monde. Ces mêmes médecins qui ont alarmé très tôt leur pays respectif des dangers de nouvelles pandémies.

On promet de prévoir davantage les ruptures de stocks de masques, de jaquettes, de babouches, de visières, de purel, de toutes les choses indispensables pour soigner et surtout protéger les soignants qui sont au front comme disent les observateurs de la parade endémique.

On promet encore de mieux soigner la planète, l’environnement en somme qui finit par étouffer sous le poids de la pollution des machines et des entreprises humaines.

On promet de ne pas virer fou encore avec la surconsommation, la production effrénée et l’appât du profit qui tend à repousser vers

La Chine et l’Inde la production des biens essentiels et souvent pharmaceutiques qu’on pourrait produire au local.

On promet d’acheter et de produire davantage sur place, au local encore pour mieux contrôler les entrées et les sorties de ces marchandises de première nécessité. Surtout les aliments de base.

On promet encore de mieux s’occuper des ainés parqués dans des CHLSD comme dirait mon ami Alain qui a vu ses parents y décliner comme tant d’autres.

On nous promet de vivre mieux avec notre entourage, nos enfants, nos proches, nos voisins quand tout cela sera fini.

Il faudra prendre le temps pour visiter et mieux comprendre le sens de la vie et de ce que l’on fait avec, du matin jusqu’au soir, en roulant partout comme une poule sans tête. On promet de mieux respirer par le nez après.

En attendant, les choses qui arrivent et qu’on pourrait sans doute rétablir pour le mieux, avec utopie, sont en grande partie évoquées

Dans le livre de l’américain Ernest Callenbach, Écotopia, écrit en 1975 à l’époque du flower power et des cheveux longs. Le même auteur, qui a également fondé une revue de cinéma à l’Université de Berkeley, a publié en 1993, une sorte d’encyclopédie du mieux vivre

Sans le sous- un peu dans l’esprit de la simplicité volontaire de Serge Mongeau- Living Cheaply With Style (live better and spendless). On pourrait traduire tout ça par Vivre pauvre mais avec du style. On y trouve dans cette petite encyclopédie à la Diderot tout ce qu’il faut savoir pour se débrouiller dans la vie de tous les jours. À l’heure actuelle, certains chapitres permettraient à bien des isolés volontaires de passer le temps de façon efficace. Comme (c’est moi qui traduit) : maximiser votre pouvoir d’achat pas cher, manger pas cher mais manger bien, contrôler vos finances, garder votre voiture longtemps, trouver la bonne place pour vivre, faites-vous un jardin, vivez bien dans votre maison ou logement, réparez tout quand c’est possible, occupez-vous de vos proches, faites votre linge, aidez vos amis, occupez-vous de votre santé, préparez-vous pour les désastres, plantez des arbres, travaillez pas si ce n’est pas nécessaire, etc.

L’index de cette encyclopédie recouvre tout ce qui pourrait intéresser le confiné que vous êtes actuellement malgré vous.

Quand je faisais du syndicalisme à la Fédération autonome du collégial, j’avais fait le tour d’une dizaine de cégeps à travers le Québec pour une série de conférences avec Ernest Callenbach.

Très beau souvenir de militantisme. Par la suite, en le visitant chez lui en Californie on avait visité les lieux de tournage du film Les oiseaux d’Hitchcock, l’école qui existait encore à Bodega Bay. Je m’égare, je m’égare.

n.b.Le sujet de la chronique 7 du temps incertain : l’État providence

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida, confiné volontaire

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