Le retour à l’école

Chronique 11 du temps incertain

Il y a un truc qu’on est sûr quand on est ministre, c’est qu’on ne retournera pas à l’école, tandis qu’en prison, faut voir.

-Coluche

Il faut retourner à l’école. Au moins un peu avant la rentrée de septembre. Tout cela est encore bien flou. J’ai hâte d’entendre notre ministre de l’Éducation là-dessus lui qui a l’habitude de tourner les coins carrés quand il parle des conditions de travail des enseignants et de la nécessité d’adapter l’école moderne à l’architecture ouverte sur un peu n’importe quoi.

J’ai hâte de voir les élèves du primaire et du secondaire adapter leurs habitudes à la distanciation sociale…

Enfin, les vacances, même pour les étudiants ne peuvent se prolonger indument malgré la présence invisible du satané virus que tout le monde nourri dit-on sans le savoir.

L’école doit recommencer surtout dans les régions du pays (Le Québec périphérique évidemment) qui n’ont pas été touchées gravement par le coronavirus comme Montréal et Laval, par exemple. Ça saute aux yeux tout ça.

Et s’il reprend de la vigueur ce virus et contamine en classe des centaines, que dis-je des milliers d’enseignants? On verra, on verra.

Comme dit Normand Baillargeon dans l’une de ses chroniques éducatives du Devoir du samedi, il y a des enfants qui sont mieux protégés à l’école que dans leur foyer où parfois les parents débordent. Et en ces temps de pandémie et de confinement, les excès d’humeur peuvent prendre toutes sortes de tangentes. Or donc, retournons-les à l’école les jeunes du primaire et du secondaire pour qu’ils s’ajustent à l’ère du temps et aux catastrophes plus ou moins appréhendées. Petit peu par petit peu comme dit notre PM qui commence à avoir de la broue dans le toupet avec cette sorte de génocide imprévue dans les CHSLD et autres foyers de vieux et de vielles en fin de vie.

L’école devrait changer un peu de régime le temps que la pandémie prenne le dessous. Les classes seront moins nombreuses – les syndicats d’enseignants le réclament depuis des siècles de négociations- et sans doute aussi les élèves plus attentifs. De leur côté, les enseignants inquiets d’attraper le virus pourront toujours demander une dispense comme les parents d’ailleurs qui n’ont pas compris que ce virus ne s’attaque pas aux enfants d’abord mais plutôt aux ainés à l’état de santé précaire, souvent vulnérables à l’excès. On voit les résultats en ce moment. Ils sont impuissants devant la charge virale.

Ma petite fille Lilou adore l’école. Quand elle a appris qu’elle ouvrirait bientôt, elle a applaudit spontanément. Non qu’elle ne soit pas à l’aise en confinement, sans la présence de trop d’adultes dont son grand-père, mais il y a des limites à dessiner et colorier des arc-en-ciels dans toutes les fenêtres de la maison. Ses amies lui manquent. Et surtout son institutrice qu’elle adore, je ne sais pourquoi… Mais je ne pose pas de questions, aimer l’école à son âge, c’est bon signe. Elle veut apprendre, elle veut socialiser. Et elle veut se mesurer au reste du monde. Sa curiosité fait le reste. Je ne connais pas une élève actuellement plus documentée qu’elle sur le COVID-19, mais passons sur l’admiration de nos enfants et petits enfants.

L’école doit rouvrir pour faire respirer à la fois les plus jeunes et les plus âgés. Évidemment, les 70 ans et plus demeurent à risques. Il faudra qu’ils se gardent encore pour quelques temps une petite gêne bien nécessaire. Ne pas fréquenter les foyers de vieux et de vieilles encore plus ou moins contaminés. Ne pas recommencer leurs réunions quotidiennes au centre d’achat pour passer le temps et médire de tous les décideurs du monde.

Ils pourront peut-être voir à bonne distance certaines personnes, certains enfants qu’ils connaissent mieux que d’autres.

Il semble que plonger dans la piscine avec une ou deux personnes ce sera possible à la condition encore de respecter ses distances. Je suis prêt pour ma part à revoir Lilou quelques minutes par jour en restant sous l’eau sans problème. Le confinement nous donne envie de se voir pousser des branchies parfois. Le règne animal pour sollicite. Et en plus, ce satané virus n’a aucun effet sur les animaux et les poissons, je crois. L’avenir est au changement de règne, après le changement de sexe. Quelle époque.

n.b. la chronique 12 du temps incertain : une poussée d’éclosion

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida, confiné volontaire

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :

Laisser un commentaire