Élitisme, mesure, cadre

Élitisme, mesure, cadre

Mais toute éducation doit sortir chacun de soi-même et de son milieu, ce qui ne veut certes pas dire renier son origine familiale et sociale. Il ne s’agit pas d’oubli en forme de trahison, il s’agit de fidélité au projet qu’est l’être humain. C’est une exigence et d’abord vis-à-vis de soi-même. C’est un travail, pas un loisir; un activisme, pas une sieste. C’est surtout le prix de l’avenir, ce qui nous sort de la répétition du même, ce même à partir duquel l’impuissant, l’inculte, celui qui « ne veut rien savoir » de rien sauf son petit confort, engendre son même. L’élitisme, c’est ça, l’appel impérieux à aller voir ailleurs, et non un snobisme de riche, de puissant ou d’instruit.

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La lutte finale

La lutte finale

Rendus sourds, aveugles et même parfaitement idiots par l’idéologie néolibérale, nos dirigeants partout à travers le monde n’entendent même pas le FMI, ce dangereux repère de gauchistes, qui vient d’avertir officiellement des dangers d’une telle soumission aux évidences trompeuses des lois du marché.

Pire encore : ce sont souvent des jeunes, comme l’aile jeunesse du Parti libéral, qui encouragent les détenteurs du pouvoir à embarquer dans cette autre nef des fous que le néolibéralisme nous vend sous l’appellation d’« économie du partage ».

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La masse tue

La masse tue

Dostoïevski a un jour proposé cet impératif qui non seulement inspire la démocratie, mais devrait aussi servir de définition à l’humanité tout entière : « Tout homme est responsable de tout devant tout. » (Les Frères Karamazov). Saint-Exupéry donnera un tour plus limité à cette injonction avec son « chacun est responsable de tous » (Pilote de guerre), mais c’est la même exigence de solidarité présentée sous la forme d’un constat qui rend cette solidarité, au fond, inévitable. Puisqu’ils sont à l’origine du terme, les Latins ajouteraient que c’est parce que nous appartenons au même more »

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Pleurons nos maîtres!

Pleurons nos maîtres!

Je ne connaissais pas Paul Desmarais, pas plus que le commun des mortels. Et j’aime la musique classique dans laquelle il a beaucoup investi, évidemment à fonds perdu, par l’entremise de sa femme, comme toujours au Québec où les femmes sont la culture et les hommes… le pick-up. J’aime aussi beaucoup Robert Charlebois. Mais si le Garou, au moins, m’a un peu ébranlé, mon indignation est vite revenue, drue, violente, irrésistible, devant tous ces dignitaires friqués eux aussi, ou plutôt fricolâtres, adorateurs de financiers avides, venus verser une larme admirative more »

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Diogène l’ancien abandonne son tonneau!

Diogène l’ancien abandonne son tonneau!

Provisoirement du moins. Car le philosophe un peu clochard dont je me plais à être l’avatar dans ces pages sort parfois de sa coquille d’ermite pour faire paraître des œuvres de fiction sous le pseudonyme de Jean-Pierre Vidal. C’est au lancement d’une de ces publications que j’invite toute la communauté de Mauvaise herbe, le mercredi 17 avril, à la Marina de Chicoutimi à 17 h. Croyez-moi, cela vaut le déplacement : vous y verrez en effet non pas un, non pas deux, non pas trois, mais quatre, oui, quatre auteurs ! Et vous more »

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L’intempestif et les impuissants résignés

L’intempestif et les impuissants résignés

De toutes les belles-mères qui viennent de temps en temps tarabuster le Parti québécois, aucune n’est plus pertinente que Jacques Parizeau. Ce grand bourgeois qui s’est dévoué toute sa vie à l’État québécois, à l’époque où celui-ci était autre chose qu’un agglomérat d’intérêts parfois plutôt puants, parle fort et, le plus souvent, vrai. Il est l’empêcheur de ronronner en rond par excellence, le grand secoueur des somnolences collectives, bref, s’il est loin d’être aussi pouilleux que mon homonyme, c’est tout de même un vrai Diogène des temps modernes. Et que more »

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Le bon peuple et sa drogue

Le bon peuple et sa drogue

Comme les oreilles de tout le monde, mon tonneau a résonné jusqu’à saturation, ces derniers temps, de la saga médiatique invraisemblable qu’auront été les pitoyables négociations de la L.N.H. La rage, littéralement, qu’ont mis nos divers médias à nous entretenir en long, en extra large et en travers, de ces empoignades entre deux dizaines de milliardaires et leurs deux centaines de malheureux millionnaires qu’ils exploitent de façon éhontée, nous a valu un quotidien qui n’a plus battu qu’au rythme de ces pourparlers imbéciles. Jusqu’à ressortir, à la télé, des vieilles more »

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Nu comme un verbe

Nu comme un verbe

Le vingtième siècle aura inventé deux formes, à la fois rituelles et industrielles, de nudité, deux formes au fond solidaires du point de vue des images qu’elles composent, deux formes qui nous plombent encore l’imaginaire : la pornographie et Auschwitz, la béance du sexe et la bouette indifférente de la mort. Entre les deux, comme engendrée par elles, même si elle est bien plus ancienne, il y a aussi la forme semi-privée, celle, crue comme de la viande à l’étal, et maladroitement à l’aise, qu’on vous promène sous le nez dans more »

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La marque des esclaves

La marque des esclaves

Pour quiconque habite Saguenay et même la région, Diogène, c’est désormais le clown noir qu’habite le très talentueux Martin Giguère, écrivain. Mais il y en a eu un autre, dans un passé pas si lointain : celui qui écrivait dans les pages du défunt magazine culturel Lubie. C’est ce Diogène-là qui ici reprend du service, et pour bien marquer la différence, dans la même référence au philosophe clochard grec, il signera, selon l’usage antique : Diogène l’Ancien, le clown noir devenant, par le fait même, Diogène le Jeune.       « Le more »

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