Nous sommes tou(te)s des Barmaids

Nous sommes tou(te)s des Barmaids

Il y a dans cette haine que l’on s’empresse de déverser sur les participantes de Barmaids un aspect profondément paternaliste. N’en a-t-on pas assez de juger les femmes pour ce qu’elles portent (ou ne portent pas, dans ce cas-ci), pour leurs habitudes de vies ou pour leur comportement plus ou moins conforme à l’étiquette féminine? Les filles de Barmaids sont à la fois victimes de pressions sociales qui les poussent à se maquiller ou à s’habiller d’une certaine façon, et shamées de le faire à la manière décomplexée des femmes de tête. Ces femmes sont conscientes de leur pouvoir de séduction et s’en servent, ce qui est effrayant pour ceux qui les regardent, et qui ne cesseront de les remettre à leur place en les insultant (tout en continuant hypocritement de regarder l’émission avec ferveur).

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Les nouvelles hystériques

Les nouvelles hystériques

Mes émotions carbonisent chacun de mes organes, transpercent toute la surface de ma peau; mon corps est lourd d’un vide sans fond, avide de tout ce qui pourrait le combler, quelques secondes durant, au moins, parce que tout ce poids rend ma respiration incertaine. Je ne suis pas une « crisse de folle », je suis tellement plus, folle à la puissance mille, tellement excessive en tout qu’on devrait donner mon prénom aux plus destructrices des tempêtes et, surtout, surtout aux journées les plus ensoleillées.

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Dangereuse Stella

Dangereuse Stella

Le lobby pro-prostitution est très fort ici au Canada et je suis forcée d’admettre que des organismes sous couvert de “soutien” en font partie. On se sert de nous, les membres, pour militer contre les lois qui empêchent la prostitution. On nous pousse même pour aller plus loin; pour décriminaliser l’industrie sous prétexte que cela nous protégera! C’est FAUX. Ce sont les proxénètes eux-mêmes et les clients qui l’espèrent; cette décriminalisation. Ils ont même le culot de nous faire porter les pancartes pour y arriver. Oser dire qu’il faut décriminaliser pour protéger… c’est encore FAUX. Ce milieu restera toujours dangereux.

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Appeler un chat un chat

Appeler un chat un chat

Résister à la culture de l’intimidation qui sévit sur le web implique d’appeler un troll un troll et un cyberharceleur un cyberharceleur. Mieux encore : appeler un cyberharceleur un harceleur, parce que pour la plupart d’entre nous, il n’y a pas de dichotomie entre web et réalité, mais un lien de continuité. Cette continuité devrait faire en sorte qu’on ne diminue pas ce qui se passe sur le web, comme moins vrai parce que virtuel. Les menaces ne sont pas moins des menaces parce qu’elles arrivent par courriel ou par courrier recommandé.

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L’épuisement silencieux des féministes

L’épuisement silencieux des féministes

Quand je parle, on m’écoute d’emblée parce que je suis blanche et éduquée – cette écoute ne doit pas être prise pour acquise, car d’autres n’y auront jamais accès. Cette écoute doit être mise en perspective et critiquée. J’ai côtoyé plusieurs féministes brûlées par le militantisme. Certaines l’ont vécu comme des traumatismes. Certaines se sont tues pour longtemps et elles continuent à être silencieuses. Certaines se reposent temporairement afin de reprendre des forces et de revenir dans un futur proche. Certaines n’ont toujours pas baissé les bras et continuent la lutte. Certaines naviguent toujours comme elles peuvent les eaux tumultueuses de la vie quotidienne, l’engagement militant et leur santé.

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Détester la beauté physique?

Détester la beauté physique?

On dit à ces personnes qui aiment avoir un beau physique par le biais du maquillage ou de la chirurgie esthétique qu’elles sont superficielles. En tant que féministe, ça me dépasse. On incite toujours les gens à faire ce qu’ils et elles désirent, mais lorsqu’ils et elles le font, ils et elles sont jugés(es). Pour cette jeune femme qui a mis du temps chez la coiffeuse ou Sephora, il ne faut pas oublier la notion de plaisir, qui est un besoin qui nous habite tous et toutes. Pensez-vous vraiment que c’est plaisant d’aller chez le gynécologue ? Zéro moins une barre. Plaisir ressenti à s’acheter des petites gâteries ? Inestimable pour la personne qui en profite. Si ce plaisir est de se dorloter avec des produits de beauté, pourquoi serait-il moins légitime ?

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Ma réponse à Lysiane Gagnon

Ma réponse à Lysiane Gagnon

Si l’on décortique vos propos, vous signifiez que les seules agressions condamnables sont celles qui impliquent une pénétration, de même que les attouchements et baisers non-désirés ne sont pas graves. La partie la plus violente de votre chronique est certainement la fin ; vous insinuez qu’une femme qui est touchée sans le désirer doit l’accepter, voire le banaliser, sans quoi, elle est folle. Suite à tout ce paragraphe que je considère violent, voire dangereux (on se le cachera pas, vous venez carrément de dire aux hommes que ce n’est pas grave, par exemple, de toucher les fesses d’une femme sans son consentement), il y a plusieurs questionnements qui me viennent à l’esprit. Qui êtes-vous pour juger les victimes au point de les traiter de folles ? Qui êtes-vous pour décider comment nous devons réagir face à une agression sexuelle ?

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#stopcultureduviol

#stopcultureduviol

La culture du viol est dans ma tête, quand je me dis que je suis privilégiée de n’avoir jamais été violée. Que tout ce que j’ai subi, tout au long de ma vie, est le lot normal de la féminité.

La culture du viol, c’est quand tout le monde sait, mais que personne parle.
C’est élever nos filles dans la peur.
C’est élever nos garçons en oubliant de leur dire SANS OUI C’EST NON.

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Inventaire

Inventaire

J’ai fait un inventaire. Un inventaire qui, à mesure que je m’en énumérais les éléments, devenait de plus en plus cuisant. Et je me disais, effarée devant la longue de la liste, qui n’est pourtant pas du tout exhaustive: si je porte tout ça, malgré mon statut d’enfant gâtée, qu’en est-il de celles qui n’ont pas eu la même chance que moi?

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