Qui veut des asperges? – la toute dernière chronique

Qui veut des asperges? – la toute dernière chronique

La personne Asperger sait comment parler, mais le fera toujours mieux de sa propre manière. « Toutes les autres mamans sont en rectangles, mais toi, t’es notre p’tit cercle. » – Mes filles, neurotypiques Rebonjour! C’est moi, l’Asperge! Ça faisait longtemps! Si je n’ai rien écrit depuis toute cette année alors que je me promettais une dernière chronique, ça s’explique de trois manières. J’ai d’abord pensé devoir prendre une pause parce que mes textes devenaient trop lourds et j’espérais à ma conclusion la meilleure des tournures : à force de lire les messages more »

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Qui veut des asperges? [8]

Qui veut des asperges? [8]

« J’ai toujours ressenti une détresse avec les autres ou en pensant à eux. »; « J’aime pas aller à l’école, mais j’ai compris qu’il vaut mieux faire semblant. »; « Les femmes refoulent, les femmes Asperger le font encore mieux. Elles arrivent à tout refouler jusqu’à croire qu’elles doivent disparaître. »; « Ce sentiment autiste du vide à côté des autres, ou de trop plein, m’aurait tué. »; « Les autres me saoulent de moi mais j’ai toujours soif d’être là. »; « Être avec les autres, c’est jongler avec trop de balles et je suis si maladroit! »; « Ne pas attendre qu’on nous éjecte et se retirer soi-même est souvent la seule solution. »; « Je ne peux plus jamais me sentir hors du monde autant qu’avant mon diagnostic et en survivre. » Comme tu le constates, le syndrome d’Asperger marque une fine, essentielle et presque concrète tâche: devoir constamment doser et protéger le vivant en soi.

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Qui veut des asperges? [7]

Qui veut des asperges? [7]

Lorsque j’étais à l’école, la seule présence de mon pupitre se faisait contraignante si je ne comprenais pas ce qu’on me demandait, je me sentais imploser et exploser en même temps. J’ai parfois pleuré en silence en pleine classe pendant les examens, il est arrivé aussi qu’on prenne mes délais pour un refus des consignes. Au primaire et au secondaire, des amis ont pensé que je boudais parce que je mettais un très long moment avant de leur répondre, et ce n’était pas mieux quand je leur écrivais; je ne savais alors ni doser mon vocabulaire ni mettre en place mes valeurs.

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Qui veut des asperges? [6]

Qui veut des asperges? [6]

Parce que je n’ai pas toujours l’autisme; la plupart du temps, c’est l’autisme qui m’a et ça te rendrait aussi en colère. Mais je vais garder cette curiosité que j’ai envers moi-même, et surtout, cette intuition que j’ai raison de persévérer.

Parce que des fois, comme ça, j’ai l’impression moi aussi de te faire du bien.

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Qui veut des asperges? [5]

Qui veut des asperges? [5]

Te souviens-tu de Dustin Hoffman, dans Rain man, faisant la liste dans son carnet de notes des gestes agressifs de son frère contre lui? Cette scène du film caractérise de belle manière la façon de prendre conscience de la réalité des personnes autistes : quoi qu’elles aient réussi à apprendre des règles, consignes et diktats sociaux (le refus de la violence en faisant partie), ils ne reconnaissent qu’après les faits la présence des situations en face d’elles, et comprennent trop tard de quelle manière elles auraient dû se comporter.

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Qui veut des asperges? [3]

Qui veut des asperges? [3]

Au plus tôt de mes souvenirs personnels j’entends mieux que toi, mais je peux aussi éteindre mon audition et me concentrer en faisant fi de tout. Je te vois mieux si tu t’éloignes alors que tu t’approches pour mieux me regarder – ce qui me donne l’impression que tu me scrutes. Pourtant, je me fies très souvent sur toi parce que tu arrives à ne te soucier que de ce qui est nécessaire alors que je me soucie trop des détails. Au plus tôt de mes ressentis, j’ai eu mal avec toi en dedans comme en dehors quand tu te blessais ou quand tu étais triste alors que toi, tu sembles ne pas avoir mal pour moi. Du plus loin que je me souvienne, j’ai eu plus souvent froid que chaud alors que tu sembles ne ressentir l’un ou l’autre que rarement. Au plut tôt de ma mémoire, j’ai mal quand tu me touches et je n’ose jamais te toucher.

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Qui veut des asperges?

Qui veut des asperges?

Même si mes pensées sont extrêmement agitées, mes amis ont beaucoup de considération pour mon calme. Je ne sais jamais quand me taire même si je sursaute au son de ma voix et et pourtant, je déteste quand on parle trop. Je ressens une difficulté à m’exprimer dès qu’il s’agit de moi-même, et malgré tout, je me lance dans ce défi d’écrire quelques chroniques sur cette existence toute en paradoxes…

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