Qui veut des asperges? [8]

Qui veut des asperges? [8]

« J’ai toujours ressenti une détresse avec les autres ou en pensant à eux. »; « J’aime pas aller à l’école, mais j’ai compris qu’il vaut mieux faire semblant. »; « Les femmes refoulent, les femmes Asperger le font encore mieux. Elles arrivent à tout refouler jusqu’à croire qu’elles doivent disparaître. »; « Ce sentiment autiste du vide à côté des autres, ou de trop plein, m’aurait tué. »; « Les autres me saoulent de moi mais j’ai toujours soif d’être là. »; « Être avec les autres, c’est jongler avec trop de balles et je suis si maladroit! »; « Ne pas attendre qu’on nous éjecte et se retirer soi-même est souvent la seule solution. »; « Je ne peux plus jamais me sentir hors du monde autant qu’avant mon diagnostic et en survivre. » Comme tu le constates, le syndrome d’Asperger marque une fine, essentielle et presque concrète tâche: devoir constamment doser et protéger le vivant en soi.

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Qui veut des asperges? [7]

Qui veut des asperges? [7]

Lorsque j’étais à l’école, la seule présence de mon pupitre se faisait contraignante si je ne comprenais pas ce qu’on me demandait, je me sentais imploser et exploser en même temps. J’ai parfois pleuré en silence en pleine classe pendant les examens, il est arrivé aussi qu’on prenne mes délais pour un refus des consignes. Au primaire et au secondaire, des amis ont pensé que je boudais parce que je mettais un très long moment avant de leur répondre, et ce n’était pas mieux quand je leur écrivais; je ne savais alors ni doser mon vocabulaire ni mettre en place mes valeurs.

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Qui veut des asperges? [6]

Qui veut des asperges? [6]

Parce que je n’ai pas toujours l’autisme; la plupart du temps, c’est l’autisme qui m’a et ça te rendrait aussi en colère. Mais je vais garder cette curiosité que j’ai envers moi-même, et surtout, cette intuition que j’ai raison de persévérer.

Parce que des fois, comme ça, j’ai l’impression moi aussi de te faire du bien.

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