La fois où j’ai réussi mon 23 juin

Photo prise par Sam Cougar Cauchon, aussi notre chauffeur désigné, quelques heures avant sa disparition.

Ben oui, moi aussi je fais partie de ceux qui se forcent pour fêter l’extrême chaque 23 juin. D’année en année, c’est de pire en pire. Même si j’ai un bon CV en histoires de broche à foin, c’est constamment un échec. Surtout que chaque lendemain, tout le monde à des belles histoires à la D. Arcand à raconter, des belles histoires pas possibles de chalet sur le bord d’un lac. Moi je suis plutôt du genre à perdre un soulier (St-Gédéon, 2002). Vivre une tempête de pluie/vent au frette (St-Gédéon, 2001) Ou mieux, perdre mes potes (Québec, 1999). Malheureusement, y’a pas de guide qui a été établi pour réussir sa St-Jean Baptiste. Pis moi, j’aime ça les modes d’emploi. Faque, je me suis laissé influencer par les statuts Facebook harceleurs, qui taquinaient mon appel à la fête comme un démon. Deux mots : Québec Redneck Bluegrass Projets et Anse-St-Jean. Ok, c’est déjà plus que deux mots. Bref, ça s’annonçait inévitablement bien. J’ai pris le chapeau le plus laid au monde, fleuri-Dollarama, pis je suis partie à la quête de la fête, mais sans attente. Bon ok, je pensais voir un party de 13-17 dans un terrain vague avec 2,3 tentes. Finalement, y’avait des chars à perte de vue et une poupée gonflable qui se promenait dans les airs (Robot-suceur?). C’pas à cause.

Au bout de quelques minutes ou heures, j’assiste à mon premier show de Québec Redneck de l’été, en dessous d’une pas pire grande tente blanche. J’ai déjà manqué 2 de leurs concerts, mais je sais que je vais en revoir 4,5 (ou 45). Dès les premières notes, on voit se rassembler en jampack les 100 mêmes faces du Lac près du stage. Didier n’est pas là pour se balancer de gauche à droite, mais les autres boys ont l’air en feu. Ils sourient ou frenchent les visages connus dans la foule. Ce band là, c’est plus qu’un band : tu sais que l’été commence lorsqu’ils débarquent en ville. Si t’as la chance un jour d’assister à cette expérience de concert gawanesque, tu remarqueras que tout le monde autour de toi est heureux. C’est le fun pis plaisant. Dans l’air, y’a de la vapeur de bière pis d’amitié. Je n’entends pas ce que le monde me dit, c’est dommage, parce que c’est pas mal tous des potes que je n’ai pas vu depuis longtemps. Je fais semblant de comprendre leur parole en cognant ma bière sur leur verre en plastique. Des fois, je fais même des salutations de mains comme dans les 100 Watts. J’me trouve un peu conne dans ce temps là. Bref, dans ce tourbillon de foule propice aux french kiss, aux bras autour du cou, aux retrouvailles et au pardon (Ben oui), c’est aussi le baptême de body surfing pour ben du monde (prompt rétablissement ma belle Catherine). Sur terre, j’ai remarqué que tout le monde chante les refrains, mais pas les bouts où les paroles sont plus vites. Y’a comme un manque d’élocution des fans vers c’t’heure là, donc, au rappel, la foule hurle juste les deux phrases principales :

Ça fait 21 jours aujourd’hui que je survis sans la moindre goutte d’eau (…)

Comme … orchestre… c’est moi l’extraterrestre…  (…) Sans tabac !…

C’est ben plus plaisant saoul…  (marmonnage…) sua brosse …

CHU BEEEEENNN PLUS COOOOLLLL …(…) SUA BROSSE

J’AI SOIFFF!!!!!EN MALAAAADEEEE!!!!!

Dans mon porte-monnaie, j’avais apporté ma carte accès VIP pour passer la nuit avec un des membres (reçu dans le CD précédent). Je n’ai même pas frenché. J’lai échangé contre une bière. En gros, y’on fait un bon répertoire. Pis on va régler une affaire : c’est vrai que le monde sont ben plus cool sua brosse, mais les fêtards ne sont pas obligé de hurler sans cesse Bonne St-Hen ou Yé où le feu?  C’tun peu kétaine. Bon. Sous la tente, le contraste entre le bluegrass et le dance floor et était un peu bizarre à la finale. Y’avait une odeur de pop-corn près des stands de bouffe. Ça donnait une ambiance weird qui me rappelait le film Killer Klowns from outer Space. J’ai du répété ça toute la soirée.

On est donc parti se promener pour finalement s’assoir afin de lever le coude dans le plus beau spot de la place, c’est-à-dire : en plein milieu du chemin, près d’une tranchée et d’une toilette chimique qui boucanait (pour de vrai). Après quelques heures de tentatives de textos avec notre chauffeur, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de réseau dans la place, donc qu’on n’avait surement aucun lift de retour. Où sont les clowns? Misère, on a pu de lift. Ça recommence. En marchant, j’ai perdu dans la brume Prince du Néant (c’est drôle comme phrase), sa soupe Lipton et Skinny. Joe, Lolo, Cola et les deux chiens à Cola suivaient. De l’autre côté d’une tranchée, il y avait une forêt qui contenait le reste des amis d’Alma et quelques QRBP. Je pense. On a retrouvé notre lift. Il était resté dans le DanceFloor. À la maison, j’étais en plein acouphène, mais j’avais aussi la fierté d’avoir réussi ma fête nationale, des plus clichées soit-elle. Et ce, même si personne n’est tombé dans le feu. Chose certaine, y’en a une couple qui ont du se réveiller le lendemain avec ce début de toune dans la tête : Je r’lève de brosse, encore… Les plus braves se sont pointés au Vieux Port pour revoir le band. Pour ma part, je suis restée coucher avec ma débarbouilette d’eau frette dans le front…

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :

Laisser un commentaire