Résolution du Nouvel An – Le temps

Il est midi dans un restaurant-minute.

Trois files de gens attendent impatiemment leurs hambourgeois hypercaloriques qu’ils engouffreront en moins de 5 minutes parce qu’ils sont pressés. Derrière le comptoir, la dizaine d’employés court pour servir les clients qui s’accumulent devant eux et à l’extérieur, au service au volant, parce que sortir de sa voiture prend trop de temps. Dans les files, j’entends des clients qui s’exaspèrent de la durée que ça prend pour recevoir leur commande; des quelques minutes que ça prend en fait.

Pourquoi tout le monde court-il? Qu’est-ce qui l’attend, ce monde, après son repas? Veut-il s’essouffler à tout prix jusqu’à mourir d’asphyxie?

Je n’en sais rien, mais tout semble presser.

Prendre son temps. Combien de fois entendons-nous ces mots côte à côte en une semaine? Parfois surement aucune, sinon qu’une ou deux fois. Pourtant, il me semble que c’était d’une importance capitale lorsque j’ai commencé à écrire, à lire et à faire du vélo. Aujourd’hui, on dirait que personne n’en a du temps.

Pour la nouvelle année, ne nous souhaitons pas plus de temps, donnons-nous-en! Ce n’est certainement pas en avalant du poulet frit en moins de deux qu’on s’en donne. On réduit plutôt le temps qu’il reste devant nous. Prenons le temps de relaxer, de penser, de respirer, de lire, de bien manger, de faire du sport, de marcher, passer du temps en famille et avec des amis, de faire ce que l’on veut quoi.

Bien entendu, dans cette ère postmoderne et libérale où l’économie doit croitre à une vitesse démesurée, les compagnies veulent le moins d’employés possible pour avoir plus de gain, sans se soucier de la vie de ceux-ci. Pourquoi pas ne pas penser autrement? En faisant moins d’heures, on devient plus reposé, plus serein et on arrive au travail plus productif. N’écoutons pas mononc’ Legault qui dit qu’on est lâches si on travaille moins que les Étatsuniens; travaillons assez pour bien vivre et profitons de nos moments libres. Après tout, nous serons moins stressés, nous aurons donc plus de temps devant nous pour vivre, pour bien vivre.

Bref, plutôt que de n’avoir que des projets au travail, ayons des projets personnels et réalisons-nous!

 

 

« […] ce n’est pas toujours la nourriture la plus abondante que nous préférons, mais parfois la plus agréable, pareillement ce n’est pas toujours la plus longue durée qu’on veut recueillir, mais la plus agréable. Quant à ceux qui conseillent aux jeunes gens de bien vivre et aux vieillards de bien finir, leur conseil est dépourvu de sens, non seulement parce que la vie a du bon même pour le vieillard, mais parce que le soin de bien vivre et celui de bien mourir ne font qu’un. » — Épicure dans Lettre à Ménécée

 

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