Les choses se passent

Les choses se passent

La triste nouvelle annonçant que Radio-Canada tirait la plogue de Bande à part a grandement ébranlé l’équipe de Mauvaise Herbe. Il y a un an, presque jour pour jour, plusieurs éditions régionales du journal culturel Voir disparaissaient, laissant ces régions en quelque sorte orphelines d’une couverture médiatique  substantielle en ce qui a trait à la culture émergente.

Bien que les médias traditionnels accordent une certaine place à ce qui se fait en culture, ceux-ci doivent avant tout répondre aux attentes de leur lectorat. Or, au cours des dernières années, un fossé immense s’est créé auprès des consommateurs de culture. Les habitudes de consommation de la nouvelle génération contrastent drastiquement avec celles des générations précédentes. D’ailleurs, ce qui distinguait principalement Bande à part des autres approches trop souvent maladroites quant à la culture, c’était son caractère moderne et la malléabilité presque infinie de son traitement. Bande à part avait cette faculté de s’adapter au temps présent afin de nous fournir une vision cohérente de demain.

Nous ne l’apprendrons à personne, ceux et celles qui s’intéressent à la culture émergente ont depuis longtemps fait une croix sur les médias traditionnels. De toute façon, le traitement journalistique classique quant à la culture émergente  rend peu souvent justice à ce qu’il tente de mettre en lumière, et ce, en regard de ce que le web permet d’atteindre.

Depuis les balbutiements de Mauvaise Herbe, nous avions en tête de constituer un univers où la culture émergente bénéficierait du traitement qu’elle mérite. Un univers où la musique doit être entendue, où le cinéma doit être vu et où la littérature doit être lue.

Au cours de ces premiers mois, nous n’avons atteint que le strict minimum de notre cible. En fait, tout ce que nous sommes parvenus à atteindre, c’est de prendre pignon sur le web et surtout, d’offrir une tribune exceptionnelle pour de nombreuses plumes ayant de nouvelles idées à offrir à la population. La couverture culturelle a donc été en partie éclipsée par un besoin urgent de combler un vide immense quant à une articulation d’idées de société peu répandues au sein des médias traditionnels.

Depuis plusieurs mois, nous préparons le passage de Mauvaise Herbe à sa deuxième phase. Nous avions la ferme intention de nous confiner dans le secret des dieux jusqu’au jour 1 mais l’annonce du départ de Bande à part nous a mis dans l’obligation stratégique de devoir dévoiler la direction que prendra MH dans les prochains mois. Soyons clairs, nous ne sommes pas des nécrophages culturels. La phase 2 de MH n’est pas en réponse à la disparition de Bande à part. Toutefois, et c’est un fait assumé, l’annonce de notre déploiement est en réaction à cette disparition annoncée.

En toute humilité, nous en sommes à définir des méthodes de financement qui pourraient redéfinir les modèles à venir quant à la diffusion de la culture. Car oui, nous avons horreur du journalisme citoyen et nous voulons éviter cela à tout prix. Nous voulons payer nos collaborateurs afin d’exiger d’eux un traitement adéquat. Et, sacrilège des sacrilèges, nous avons la prétention de croire qu’il est possible de rendre viable financièrement l’information culturelle. Nous avons un avantage que bien des médias émergents n’ont pas. Et bien entendu, nous le dévoilerons au moment opportun.

Nous en sommes aussi à se constituer une équipe de collaborateurs établis et surtout, connaisseurs du milieu. Bien que Mauvaise Herbe soit situé géographiquement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, nous avons la ferme intention de rayonner sur la francophonie.

Nous croyons en la possibilité d’unir une nouvelle génération de reporters et de journalistes qui désirent faire partie de demain.

Nous désirons forger une place à ces communicateurs qui doivent résorber tout épanouissement afin de se tailler une place au sein des médias traditionnels.

Nous ne serons surtout pas un collectif de blogueurs, ni un blogue collectif.

Nous ne sommes pas intéressés d’avoir Louis-José Houde en tant que chroniqueur littéraire.

Nous sommes des rêveurs, des utopistes et des pelleteux de nuages et nous emmerdons les tueurs de rêves.

À bientôt.

Commentaires

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3 thoughts on “Les choses se passent

  1. Geneviève Harvey

    AMEN.

  2. Rachèle Simard

    Quand vous dites rayonner sur la francophonie, il serait intéressant de spécifier: francohonie Québécoise, canadienne, mondiale???

  3. Le modèle Patreon.com me semble intéressant pour MH — un «crowd funding» basé sur la publication. Je serais prêt à soutenir un collaborateur de MH en m’engageant à verser 1$ chaque fois qu’il publie un texte, par exemple.

    Voir cet exemple pour la vidéo, par exemple:

    http://www.patreon.com/jackconte?u=1

    Bonne chance!

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