Les 10 pires ennemis du maire

Il n’est pire ennemi que ses proches
Proverbe français

L’huître elle aussi à des ennemis
Alexis Tolstoï

Le maire de Saguenay a une expression pour désigner ceux et celles qui luttent contre lui, il les surnomme « mes ennemis naturels ». Il a sans doute aussi des « ennemis surnaturels », mais ceux-ci, on les fréquente moins. En désignant de cette façon ses concitoyens d’abord qui auront toujours envie de le voir ailleurs, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse. Ceux et celles qui le taraudent depuis des lunes. Je les connais, j’en fais partie. J’ai donné beaucoup là-dedans. Maintenant, je me sens moins seul. Sa façon de faire m’a toujours exaspéré malgré moi. Aujourd’hui, elle semble désespérer de plus en plus de monde. Il est temps d’identifier ses pires ennemis qui font ce travail de sape et de dénonciation d’un pouvoir démesuré sans désir de partage ou de compromis. La liste de ces ennemis dressée ici n’est pas nécessairement par ordre d’importance. Ils font tous à leur mesure le nécessaire travail de remise en cause chronique d’un politicien dépassé.

1 — Sa foi.
Elle le sert et le désert étrangement. Il s’appuie sur elle pour se construire un personnage hors d’atteinte, indifférent aux plaisirs de ce monde. Ses électeurs conservateurs le croient encore.
Il voudrait que sa foi passe avant tout dans sa vie publique. Il avoue lui-même que son rôle politique est déterminé par la parole divine. Il se trompe de siècle, il se trompe de vocation. Il mêle les cartes pour mieux entretenir sa confusion.

2 — Les médias qui l’appuient.
Je parle ici des médias populistes, de ceux qui le laissent parler de n’importe quoi à longueur de semaine. De ceux qui s’enrichissent avec ses sorties publiques, ses conférences et autres leçons de vie municipale. MaTV par exemple, Le Journal de Québec au Saguenay qui lui cuisine avec sa collaboration sans doute des manchettes favorables. Il s’y sent plus à l’aise et multiplie ses propos démagogiques qui finissent par lui coller à la peau. Quand il les reprend dans les médias nationaux (TVA entre autres) la diaspora saguenéenne rage d’un cran de plus.

3 — Ville en action.
Son canal privé d’information (ou plutôt de propagande) municipale. Au lieu de tenir des conférences de presse sur les sujets de l’heure qui questionnent les médias, de rendre des comptes ouvertement, il a choisi d’utiliser cette voie à sens unique, sans possibilité de répliques. Personne n’est plus dupe de son stratagème. En plus, il s’y défoule comme dans son dernier vidéo en ligne sur les subventions aux organismes, un petit bijou de propos déplacés pour un élu.

4 — Lui-même.
En période de crises municipales, j’allais écrire depuis les dernières élections, il multiplie les bourdes qui ne cessent d’alimenter et courroucer ses ennemis. Il a toujours été son pire ennemi. Il l’est plus que jamais.

5 — Les médias qui l’enquêtent.
Lors de son dernier mandat, le maire a tenté de faire peur, de menacer des journalistes de la SRC, du Quotidien qui posent les bonnes questions et fouillent la manière de faire du maire et de son entourage.
Il a même personnalisé ses menaces. Ce faisant, il a développé chez ces journalistes le désir de le traquer davantage. Ils sont devenus sans doute ses pires ennemis. La première véritable opposition de son régime à la mémoire longue.

6 — Sa batterie d’avocats.
Son recours aux tribunaux lui joue de plus en plus de tours. Il n’est pas tout à fait étranger aux poursuites contre Robert Hakim, jadis son metteur en scène pendant les lancements de ses campagnes électorales. Maintenant, le même monsieur Hakim semble être devenu l’un de ses pires « ennemis naturels » et de son entourage à toge.

7 — Les conseillers municipaux qui ne disent mot.
Le climat de silence obligé toujours en vigueur durant les réunions du conseil municipal, respecté par la majorité des élus de Saguenay, continue à miner la réputation du maire et de ceux-là. Ils le savent bien quand les médias les interrogent vainement sur les crises de l’heure. « C’est trop délicat, je ne peux répondre à cette question ». Le silence obligé des conseillers ne fait que confirmer le contrôle absolu du maire sur ses béni-oui-oui à qui il distribue des postes rémunérés sur les divers comités de la ville pour mieux les museler.

8 — La nouvelle opposition.
Imaginez si l’ERD avait fait élire 6 ou 7 conseillers lors des dernières élections. Je pense que le maire serait lui aussi en congé de maladie indéterminé… Il est allergique à toute forme d’opposition politique. On en a la preuve à chaque réunion publique du conseil qu’il considère lui-même comme un « show » depuis l’arrivée des élus de l’ERD.

9 — Ses projets ambitieux qui tournent à vide.
Ses places du citoyen, son village de croisiéristes à la Baie, ses entreprises étrangères qu’il courtise sans résultats, sa desserte ferroviaire, ses douanes à Bagotville, son centre d’appels Nordia au salaire minimum à Jonquière, et tout le reste à venir.

10 — Promotion Saguenay.
Quand les journalistes, appuyés par des amis devenus ennemis du régime, auront accès aux subventions détaillées de cet organisme créé et dirigé par le maire, supervisé par son bras droit Ghislain Harvey « l’intouchable », il y a de fortes chances que Promotion Saguenay devienne le pire ennemi du premier magistrat. C’est déjà en partie le cas.

Je ne peux que lui conseiller un livre de chevet qui a sauvé la vie à bien des politiciens et à des hommes d’affaires fourbus comme lui depuis des générations, Comment se faire des amis, de Dale Carnegie. Il est disponible en version anglaise et en format numérique sur Amazon, tout comme Croire, ça change tout.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

Commentaires

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7 thoughts on “Les 10 pires ennemis du maire

  1. Moe

    Vous avez oublié les poètes poseurs de fausses bombes.

  2. Robin tardif

    Vous avez oublié décrire ,il utilise toujour les mots ,nous notre ,il embarque tout les saguenayens mou dans sont délire

  3. François Tremblay

    Monsieur Demers, je suis un élu indépendant et je me retrouve dans votre texte. Je considère que votre opinion sur la place publique manque de profondeur à certains égards, de nuances. Je suis dispose à en débattre avec vous si vous le souhaitez. Je suis très ouvert. Pour le reste, je vous invite a me respecter et a mieux connaître les limites de mon engagement avant de généraliser sur mon militantisme viscéral. Au plaisir de vous rencontrer ! François Tremblay.

    1. Jacques Lavoie

      On voudrait bien espérer que certains conseillers indépendants soient vraiment indépendants et non opportunistes et à genoux pour bénéficier des faveurs de notre petit despote de maire. Cependant, on ne peut que constater que présentement seule l’opposition fait une critique constructive qui témoigne d’une véritable indépendance.

      On espère sincèrement que votre indépendance soit réelle, M. Tremblay. Est-ce que vous participez à la prière? Est-ce que vous votez vraiment de manière indépendante au conseil ou vous suivez la majorité? Est-ce que vous manifestez votre désaccord lorsque c’est justifié?

      Si une majorité conseillers soi-disant indépendants (ce qui reste à démontrer) se mettaient d’accord, ils pourraient prendre le contrôle effectif de la direction de la ville tout en limitant autant que possible le pouvoir et l’influence du maire, dont la personnalité toxique nuit considérablement à la ville depuis trop longtemps. Ça pourrait même aboutir à une motion pour le faire déclarer inapte à siéger pour manquements fréquents et répétés au code d’éthique.

      Tous ensemble, libérons Saguenay de Jean Tremblay.

      Merci!

    2. Jacques Lavoie

      M. François Tremblay, les conseillers qui se disent indépendants devraient le montrer par des actions concrètes et non pas rester silencieux et suivre la majorité asservie au maire. Si les conseillers de bonne volonté s’unissaient, ils pourraient limiter considérablement le pouvoir et l’influence toxique du maire sur la ville. Il est maintenant clair qu’il a de graves problèmes de personnalité qui enveniment et empêchent tout tentative de débats constructifs.

  4. Je suis heureux de constater que l’opposition fonctionne et plutôt bien, à te lire, Pierre. Tu sais comme moi que lorsqu’on l’étouffe à
    l’intérieur elle se créer des racines à l’extérieur et c’est toujours pire. Quand la bêtise atteint l’absurde il ne peut en être autrement.
    Il est bête d’éteindre le royaume dont les rois ont toujours été ces habitants.

  5. Rémi villeneuve

    Excellent diagnostic! Il ne reste plus qu’à soigner Saguenay.

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