Le résultat des élections du 7 avril 2014 : le visible et l’invisible

La victoire du PLQ, avec 70 députés élus, en aura amené plusieurs parmi vous au bord de la déprime la plus totale. Mais avant de songer à dissoudre le peuple pour en élire un autre [1], je vous invite à prendre connaissance des quelques données résultant de mes calculs.

 

Les aspects invisibles de la victoire du Parti libéral du Québec

 

N’avez-vous pas constaté que peu de gens ont voté pour le PLQ, dans votre entourage? Ce n’est pas parce que les personnes que vous fréquentez vous mentent. En effet, quand on tient compte du taux de participation de 71,43%, l’appui relatif de 41,52% pour les libéraux se transforme en appui absolu de 29,66%. Vous êtes francophone? Il faut donc soustraire le vote anglophone et allophone, massivement acquis au PLQ. Mes calculs démontrent qu’environ 600,000 anglophones et allophones ont appuyé le parti de Philippe Couillard. Quand on soustrait ce chiffre au nombre total de voix obtenues par le PLQ, cela donne un peu plus de 1,15 million de votes francophones pour le PLQ. Rapporté au nombre d’électeurs francophones (environ 4,8 millions), cela signifie qu’à peine un électeur sur quatre (24%) de ce groupe linguistique a voté libéral. C’est pour cela que vous rencontrez beaucoup plus souvent des personnes déprimées que satisfaites des résultats des élections.

 

Ajoutons un autre élément que les médias ne rapporteront pas et qui va vous étonner : avec les élections du 7 avril, le PLQ a connu l’un des plus mauvais résultats de son histoire, en termes absolus [2]. En effet, à l’exception des élections de 2007 (le PLQ était minoritaire) et 2008, aucune victoire libérale n’a été aussi faible depuis l’élection de Lomer Gouin, en 1919, il y a presque 100 ans. Si on inclut les défaites, seules les élections de 1976, 2007, 2008 et 2012 ont connu des résultats inférieurs à ceux de 2014. Avant, il faut remonter aussi loin qu’en 1948 et 1944 pour trouver pire. Il a fait mieux en 1916, 1923, 1927, 1931, 1935, 1936, 1952, 1956, 1960, 1962, 1966, 1970, 1973, 1981, 1985, 1989, 1994, 1998 et 2003 [3]. Bref, au cours des 100 dernières années, le PLQ a connu 7 résultats plus mauvais que le 7 avril et 19 résultats supérieurs. Sur les sept plus mauvais résultats, trois appartiennent au XXIe siècle, encore si jeune.

 

La Coalition Avenir Québec : un recul

 

Même en faisant élire quelques députés supplémentaires, la CAQ a régressé. En termes absolus, elle est passée de 19,94% en 2012 à 15,99 en 2014, ce qui représente un peu plus de 200,000 personnes. Signalons par ailleurs que l’électorat compte près de 100,000 personnes de plus qu’en 2012. L’augmentation du nombre de députés de 19 à 22 masque cette réalité d’un recul du parti de François Legault. De même, sa remontée au cours des 10 derniers jours de la campagne lui permet de croire que sa dissolution est reportée à une date ultérieure.

 

Québec solidaire : une montée à pas de tortue

 

Du côté de Québec solidaire, il faudra tirer des leçons très sérieuses pour l’avenir de ce parti. Certes, il compte désormais une députée supplémentaire à l’Assemblée nationale. En termes absolus, l’appui à QS est passé de 4,45% en 2012 à 5,37% en 2014, soit une hausse de 60,013 électeurs et électrices. Ce chiffre représente une augmentation moyenne de 480 voix par circonscription, ce qui n’est guère impressionnant. Le parti demeure largement montréalais et francophone. Dans les cinq circonscriptions de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’augmentation moyenne se situe à 324 [4]. À ce rythme, il faudra plusieurs années avant de pouvoir espérer faire élire une trentaine de députés. La prise du pouvoir ne deviendra possible que dans le cadre d’une lutte à deux avec le PLQ. Évidemment, le contexte sociopolitique pourrait en décider autrement. Le comportement électoral se révèle parfois surprenant, comme on a pu le constater en 2011 avec la montée du NPD, au Québec.

 

La débâcle du Parti québécois

 

Il reste que le plus grand perdant de cette élection – et de loin – a été le Parti québécois. L’hémorragie s’est manifestée de tous les côtés. L’idée fort hypothétique d’un référendum, devenue subitement crédible avec l’implication de Pierre-Karl Péladeau, a entraîné une fuite de l’électorat caquiste vers le PLQ. La candidature du célèbre homme d’affaires a également provoqué une réaction du côté gauche du PQ, dont l’ampleur a sans doute été plus modeste. Et forcément, des votes au départ acquis au PQ se sont dirigés vers la CAQ.

 

Le parti de Pauline Marois a perdu plus de 320,000 voix par rapport à 2012. En ce qui concerne ses appuis absolus, un Québécois sur quatre (23,54%) votait pour le PQ en 2012, à peine un sur six (17,86%) en 2014. Le résultat a été pire qu’en 2007 (19,99%), avec André Boisclair. Comme l’essentiel des appuis au PQ provient des francophones, cela signifie qu’il a reçu dans ce groupe presque autant de votes que le PLQ, avec 22%, contre 24% pour les libéraux.

 

Sortir de l’impasse

 

Avec des sondages qui, au cours des derniers mois, situaient l’appui à la souveraineté autour de 40%, force est d’admettre que la tendance lourde des années 2000 se poursuit : les indépendantistes se trouvent de plus en plus à l’extérieur du PQ. Il en est ainsi parce que la coalition que ce parti réussissait tant bien que mal à incarner autour de l’idéal d’indépendance a fini par éclater avec la mise à l’écart – jamais officielle mais dans les faits bien réelle – du projet. En l’absence de dynamique d’affirmation nationale, l’opposition gauche/droite prend le dessus. Cette situation a permis l’éclosion de deux partis politiques, l’un à la gauche du PQ (Québec solidaire), l’autre à sa droite (l’ADQ puis la CAQ). Contrairement aux politiques keynésiennes de développement économique et d’appui au développement de l’État-providence, le néolibéralisme rend pratiquement impossible le maintien à long terme d’une coalition gauche/droite au sein d’un parti politique. Le même phénomène est à l’œuvre en Europe, avec l’éclosion d’une droite populiste et d’une «gauche de gauche», qui affecte les grands partis politiques traditionnels.

 

Dans ce contexte, comme l’a très bien expliqué mon collègue Pierre Serré, l’époque des gouvernements péquistes majoritaires se situe désormais derrière nous [5]. La majorité n’était possible que dans le contexte d’une lutte à deux. Le PLQ profitera toujours de l’appui massif des anglophones et des allophones en évoquant le spectre de l’indépendance. Mais les francophones demeurent condamnés à se diviser, les autres partis étant là pour rester. Aussi, je tiens à servir cette mise en garde : ni QS, ni la CAQ ne se feront hara-kiri. Les péquistes doivent en prendre bonne note et conclure que ce n’est pas en insultant les uns et les autres qu’on pourra renverser le parti du statu quo, de la corruption et de l’exploitation sans scrupule. Cela vaut aussi pour les autres. Tout en maintenant l’existence de partis distincts, il faut réaliser l’unité autour d’un programme commun pour un projet de pays. Ce projet ne doit plus dépendre de la volonté d’une clique mais d’un peuple qui exerce sa souveraineté en rédigeant lui-même sa propre constitution. Ainsi, peut-être, pourrons-nous sortir de l’impasse.

 

 

 

 

 


[1] Cette phrase provient du dramaturge allemand Bertolt Brecht.

[2] «En termes absolus» signifie que je tiens compte du taux de participation, considérant que les abstentionnistes font partie des gens que l’on rencontre dans la rue et sont des citoyens et citoyennes au même titre que les autres. Et quand le contexte politique et social les interpelle, une grande partie d’entre eux se mobilisent, comme ce fut le cas, en 1995, alors que le taux de participation au référendum a atteint 93,5%. Notons encore que les victoires du PLQ s’accompagnent invariablement d’une baisse du taux de participation. En conséquence, l’abstention exprime, chez plusieurs, une opinion politique au même titre que le choix d’un parti ou l’annulation.

[3] Je ne suis pas remonté plus loin dans le passé qu’aux élections de 1919.

[4] 8097 électeurs et électrices ont choisi QS dans la région, contre 6478 en 2012.

[5] Pierre Serré, «La fin des gouvernements péquistes majoritaires», L’Action nationale, septembre-octobre 2012. Disponible sur internet à l’adresse suivante : http://www.action-nationale.qc.ca/elections-2012-les-passes-dangereuses/188-la-fin-des-gouvernements-pequistes-majoritaires

Commentaires

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28 thoughts on “Le résultat des élections du 7 avril 2014 : le visible et l’invisible

  1. helene hudon

    Alors la démarche préconisée par QS pour que le peuple fasse ses choix (constituante,,, bien que surement hypothétique présentement ne vous semble-t-elle pas raisonnable et démocratique?

    1. Michel Roche

      C’est une démarche que je prône depuis des dizaines d’années!

    2. Yves Carrier

      Presque, mais sans établir à priori que l’indépendance du Québec est un objectif ou même une façon incontournable de réaliser notre pays. Il faut établir le projet de société d’abord basé sur nos valeurs collectifs et établir les objectifs quantifiables et mesurables que nous devrions atteindre. Et SI (et seulement SI…) pour y arriver, l’indépendance devient un MOYEN incontournable, j’embarque!!! Mais jusqu’à présent, force est d’admettre que l’indépendance vue comme un objectif en soi ne convainc pas les Québécois. Quel serait le Québec au lendemain d’un référendum qui proclamerait son indépendance sur les bases actuelles du discours politique qui supporte cette option? Je parie que si vous posez la question à PKP et à Françoise David, vous aurez deux réponses bien différentes… Contrairement à ce que pensent bien des indépendantistes, ce ne sont pas les Québécois non-indépendantistes qui ne comprennent pas ou qui ont peur, ce sont les projets indépendantistes qui sont ou bien nébuleux, ou bien incohérents. Mais je suis d’accord avec le fait que la position de QS est celle qui se rapproche le plus d’une approche cohérente.

  2. Ccccccccccccccccccccccccccccc

    Trois remarques:

    1. Cette analyse électorale frôle l’ethnicisme. L’utilisation de la variable langue n’est pas inutile, mais elle a le résultat fâcheux suivant: extraire les anglophones et allophones du corps politique, comme dans la phrase: «cela signifie qu’un électeur sur quatre (24,2%) a voté libéral».
    Non, c’est peut-être un électeur francophone sur quatre qui a voté libéral; on voit comment cette façon d’analyser génère un effet d’exclusion.
    2. L’expression «en termes absolus» est ambiguë. Ce que l’auteur vise, c’est le vote en termes relatifs, mais par rapport à l’ensemble de l’électorat, qu’on ait voté ou non. Cela fait du sens. Mais comme il y a un va-et-vient entre cet indicateur et les données absolues au sens conventionnel du terme (i.e. le nombre d’électeurs d’un parti et non sa proportion par rapport à l’électorat), cela entretient un peu de confusion. Et prendre les données absolues au sens conventionnel est délicat, étant donné la croissance de l’électorat au fil du temps.
    3. Si le PLQ a connu en 2007, 2008 et 2012 des résultats inférieurs à 2014, j’en conclus qu’il est en remontée! Ceci dit, suivre les variations sur le long terme (de 1916 à 2014) est problématique, car le nombre de partis recueillant un appui significatif varie au fil du temps. Quand on a un système essentiellement bipartite, il y a de bonnes chances que chacun des deux grands partis fasse un meilleur score que si on a une compétition entre trois ou quatre partis.

    1. Michel Roche

      1. Franchement Jean-Guy, tu exagères au sujet de l’ethnicisme. Je n’ai pas parlé des Québécois dits «de souche» mais des francophones, groupe linguistique majoritaire comportant un grand nombre de groupes ethniques. Et cette information permet de comprendre, dans les milieux fortement francophones comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, le paradoxe d’un gouvernement libéral majoritaire alors qu’on rencontre peu d’électeurs libéraux autour de nous.
      2. Tu as raison, c’est relativement à l’ensemble de l’électorat. En termes absolus, ce sont les nombres. J’ai tout de même pris la peine d’indiquer qu’il y avait quelque 100,000 électeurs de plus qu’en 2012.
      3. Je ne crois pas qu’un seule élection permette de conclure à une remontée. La tendance générale n’indique pas cela. Mais il est vrai qu’il vaut mieux attendre encore quelques élections pour tirer une conclusion définitive. Le PQ, qui se trouve dans une situation vraiment désespérée, a connu une certaine remontée en 2012, pour ensuite s’effondrer lundi dernier. La tendance générale est assez claire dans son cas.

  3. Marie-Hélène Ganter - Lafrenière

    N’en déplaise à certains… 🙂 Merci pour cet article très éclairant.

    1. Keven Cantin (patriote)

      je partage entierement vos propos qui reflet avec exactitude la réalitée daujourd’hui. Vous faites a vous seul un bien meilleure travail de journalisme que bien dautres en grande majoritée

  4. Deux points:
    1. Les catégories linguistiques sont en fait des catégories ethnolinguistiques. Cela tient au fait qu’elles reposent sur des questions de recensement ayant trait à la filiation (langue maternelle) ou au comportement privé (langue parlée le plus souvent à la maison). Ainsi, des personnes qui connaissent le français, le parlent parfaitement, travaillent en français, envoient leurs enfants à l’école française apparaîtront toujours comme des non francophones si leur première langue apprise dans l’enfance n’était pas le français ou encore si elles parlent cette autre langue le plus souvent à la maison.
    2.« le paradoxe d’un gouvernement libéral majoritaire alors qu’on rencontre peu d’électeurs libéraux autour de nous» est la conséquence d’un échantillonnage social biaisé. Nous évoluons dans des groupes restreints, formés de gens qui nous ressemblent. Les électeurs libéraux sont peu nombreux et s’expriment s’ils travaillent dans un milieu nationaliste et l’inverse est tout aussi vrai.

    1. Michel Roche

      1. Tu es un maître dans ce domaine Jean-Guy, et je te fais entièrement confiance. Il reste toutefois à me convaincre que ces distinctions apporteraient un changement significatif aux pourcentages que j’ai évoqués.
      2. Le texte est une chronique et il a été écrit sur le ton de la chronique. Il est bien certain que l’échantillonnage social qui est le mien – ou le tien – est biaisé. J’aurais pu dire, à la place, qu’environ trois personnes sur quatre que nous rencontrons dans la rue (oui, je sais, tout dépend encore du quartier) n’ont pas voté libéral.

      1. Yves Carrier

        M. Roche, avec tout le respect que je vous dois, je crois que même une chronique doit assumer la responsabilité du message qu’elle véhicule. Ce genre de distinction basée sur la langue ou l’ethnicité n’apporte rien au débat. Oui, je comprends bien que la mathématique que vous utilisez explique un constat quasi anecdotique, en espérant que telle était votre intention. Mais si jamais l’interprétation de certains de vos lecteurs nous ramenait à l’effet Parizeau post-référendaire, admettez que ce type de message ne permet pas de faire avancer les choses.

        1. Michel Roche

          M. Carrier, la distinction ne porte que sur la langue et non l’ethnicité. Ceci étant dit, les précisions que j’apporte sont loin d’être anecdotiques. Une mouvance politique doit toujours s’interroger au sujet de la portée de son message. Se rendre compte que les appuis des uns sont faibles chez les femmes ou les jeunes permet de faire une autocritique, de rajuster le tir, de revoir la stratégie. C’est la même chose en ce qui concerne les groupes linguistiques.

          1. Yves Carrier

            Merci M. Roche. Je comprends votre position mais toutefois, j’ai des réserves. Admettons qu’il s’agisse d’un simple constat dans le but d’ajuster la stratégie…Il n’en demeure pas moins que ce constat s’appuie sur une dimension qui divise présentement le Québec alors que nous avons grand besoin de positions qui rassemblent. Je ne dis pas qu’il faudrait fermer les yeux sur les faits mais plutôt, qu’il faudrait mettre l’emphase sur les faits qui nous font avancer dans la bonne direction. Selon moi, l’angle à partir de laquelle est présentée l’analyse est plus important que l’analyse elle-même. De là la sensibilité que j’évoquais par rapport au message et ce, au-delà de la justesse du contenu. Ceci dit, j’aurais peut-être déjà dû vous mentionner que je trouve que cet article est très bien fait. Mon intervention s’appuie simplement sur le fait que j’aimerais davantage que les gens qui lisent ce genre d’article en déduisent quelque chose du genre « Il est temps de se donner tous ensemble un pays qui tienne compte du tissus socio-culturel complexe du Québec contemporain » plutôt que du genre « Nous avons encore perdu les élections à cause des Anglais ». Je caricature un peu évidemment, mais pas tellement je crois… Je comprends également que vous n’avez pas le contrôle sur la façon dont les lecteurs vont interpréter votre article et je ne prétends pas non plus que vous devriez assumer une telle responsabilité. Toutefois, sans contrôler cette interprétation, vous pouvez sûrement l’influencer compte tenu de la qualité de votre propos.

  5. D’o[u tenez vous votre calcul de 585 000?

    1. Michel Roche

      D’après l’Institut de la Statistique du Québec, on compte environ 1,17 million d’anglophones et d’allophones. 71% de ce groupe est constitué d’adultes et environ 70% ont exercé leur droit de vote. Cela donne le chiffre approximatif de 585,000.

      1. Vincent

        Impressionnant comme calcul inventé… Voici les erreurs majeures dans votre estimation qui la rende dénuée de tout fondement :

        — Vous postulez que le taux de participation est le même pour les anglophones/allophones que pour les francophones. Il est difficile de savoir ce chiffre pour cette élection, mais les études démontrent plutôt que le taux de participation est nettement plus faible chez les non-francophones (DGEQ. « Les motifs de la participation électorale au Québec: Élection de 2008 » dans Cahiers de recherche électorale et parlementaire, novembre 2009, p. 10). Vous d’où tenez-vous votre information que le taux de participation a été identique selon la langue en 2014? Si vous n’avez pas cette information, il n’est pas possible d’estimer le nombre de votes non francophones au PLQ.

        — Plus grave, vous postulez que 100 % des anglophones et des allophones votent pour le PLQ! Même s’il s’agit certainement d’une tendance, croire qu’aucun anglophone ou allophone ne votent pour un autre parti est risible. D’où tenez-vous votre source pour affirmer ce pourcentage de 100 %? Si vous n’avez pas cette information, il n’est pas possible d’estimer le nombre de votes non francophones au PLQ.

        Bref, en tenant compte du taux de participation variable selon la langue et du fait que plusieurs allophones et anglophones votent pour d’autres partis, votre affirmation de 585 000 votes non-francophones pour le PLQ est sans aucun fondement et potentiellement grossièrement surévaluée. Elle relève davantage d’une invention que d’une estimation.

        1. Michel Roche

          Vous avez raison, j’ai fait une erreur. J’ai oublié d’extraire la population adulte de ces 1,17 millions. Les adultes représentent approximativement 74% de la population, ce qui donne autour de 865,000. 71% est l’appui au PLQ chez les non-francophones, d’après le sondage Léger, qui a d’ailleurs sous-estimé l’appui au PLQ. 70% est une approximation. Le taux de participation chez les anglophones est légèrement plus élevé que la moyenne de 74,6%. On s’en rend assez facilement compte en vérifiant dans le décompte dans les circonscriptions fortement anglophones. Celui des allophones est effectivement inférieur. C’est pour cela que j’ai mis une moyenne de 70%, qui me semble assez réaliste. Au total, les votes non francophones pour le PLQ se situeraient donc autour de 435,000. En conséquence. chez les francophones, l’appui au PLQ n’aurait pas été d’environ 24,2% mais plutôt de 26,8%. En somme je ne peux plus dire que moins d’un francophone sur quatre a voté pour le PLQ. Ce serait plutôt que près d’un francophone sur quatre a voté pour le PLQ. Il apparaît donc exagéré de dire que mon affirmation est «sans aucun fondement et qu’elle «relève davantage d’une invention que d’une estimation». Néanmoins, votre vigilance (ce calcul a été fait tard la nuit) me donne l’occasion d’apporter une correction. Pour cela, je vous remercie.

          1. Michel Roche

            J’ai fait une erreur: je dois revenir au chiffre initial de 24%. Pour une raison qui m’échappe encore, j’ai sous-estimé le nombre d’allophones et d’anglophones. D’après Statistique Canada, ces derniers comptent pour 20% de la population du Québec, ce qui fait 1,64 million. La population en âge de voter (74%) est de 1,2 million. 71% d’appuis au PLQ et un taux de participation évalué de façon prudente à 70% donnent 600000.

  6. charles simon

    Mario Dumont, on aime ou pas, a la radio chez Arcand a fait cette remarque sobre;

    A cause de la démographie et de l’immigration le PLQ gagne mathématiquement une nouvelle circonscription dite ‘sure’ toute les 1.5 années. Ceci va nous amener a 35 circonscriptions en 2018…31 maintenant.

    Il donnait des exemples Anjou, Cremazie, Laurier-Dorion, etc..

    A terme, et rapidement Dumont a osé affirmé, Curzi était son interlocuteur, le PLQ pourrait être dans la même position que le parti conservateur en Alberta…

    Vous pouvez écouter ici…

    http://www.985fm.ca/lecteur/audio/commission-curzi-dumont-p1.mp3-218749.mp3

    http://www.985fm.ca/lecteur/audio/commission-curzi-dumont-p2.mp3-218752.mp3

    La seule catégorie d’ages ou le PQ est le plus populaire est celle des 55-65 ans (les boomers), Dans toutes les autres catégories il traine de l’arrière et chez les moins de 45 ans il se trouve derrière l’ADQ, et le PLQ, les moins de 25 ans derrière QS (en quatrième position).

    Ceci a été aussi confirmé par les sondages de Leger & Leger qui n’est pas vraiment fédéraliste…

    Les sondages fait par Forum Jeunesse chez les moins de 18 ans placent le PQ dans le fond du baquet…en dernière position, et l’idée de pays ne se porte pas mieux dans ces sondages.

    Des tendances lourdes…

    On va me répondre que si le PQ n’est pas populaire dans une catégorie ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas en même temps des souverainistes. C’est exact, mais le Québec est maintenant beaucoup plus neo-liberal qu’il ne l’a jamais été, et penser que la CAQ, majoritairement francophone, consiste en une réserve de voix, relève de l’alchimie…chez QS tout au plus 50 %…

    L’union CAQ, QS, etc, ne se fera jamais, tant et aussi longtemps que le PQ voudra être le PQ…le navire amiral, le PLQ peut dormir tranquille.

  7. « Les péquistes doivent en prendre bonne note et conclure que ce n’est pas en insultant les uns et les autres qu’on pourra renverser le parti du statu quo, de la corruption et de l’exploitation sans scrupule. », dit-il en insultant, sans fondement, le PLQ.

    1. Michel Roche

      Sans fondement? Je trouve au contraire que j’ai fait preuve d’une grande retenue.

  8. Je constate que votre deuil du PQ évolue bien, vous en êtes rendu au marchandage. Bon courage dans le reste de votre démarche!

  9. Doris Bourque

    Absolument pertinent et juste.Cependant,ce que les québécois(ses)doivent absolument savoir et en être assurés :C’est sur le SYSTÈME ACTUEL(désuet et archaique),le Processus et le déroulement des élections.UNE REFONTE EN PROFONDEUR DU SYSTÈME ÉLECTORAL.Regardez la Suisse!C’est clair
    et limpide!Et personne lors d’élection ou de référendum ne crie au VOL ORGANISÉ D’ÉLECTION!Il y a  »plusieurs manières très sécuritaires et limpides »d’arriver à un  »nouveau mode d’élection et de srutin ».En voici un : http://www.avaaz.org/fr/petition/Pour_un_mode_de_scrutin_proportionnelmixte_au_Quebec_1/?cItAphb

  10. Mademoiselle et Messieurs,
    Félicitations pour la nature de vos pensées, c’est rafraîchissant de savoir que des citoyens sont capables de discuter sans s’insulter – ou si peu. La « guerre » n’est pas terminée, beaucoup de travail reste à faire et je vais essayer de faire ma part vers la fin du mois de mai, un compte-rendu pour répliquer à Harper qui ne voulait pas parler de séparation mais d’économie il y a deux ans. Depuis ce temps, je fais des recherches et mon discours est prêt, M. Harper, tenez-vous bien!

  11. jacques

    En tous cas.; je pense pas que Pauline Marois va invité Pierre Karl Péladeau a souper chez elle avec des chandelles et des fruits de mer .. Même après la défaite du parti Québecois . Pierre Karl Péladeau continu a crier fort qui veut la souveraineté du Québec alors que sa chef lui a demander de ce taire … comment voulez vous gagner une élection dans cette situation ? ? .. il n’y a pas de doute que dans ce parti , il y a une { division } . et ça ; ça risque d’anéantir le parti . Ne soyez pas surpris que le parti libéral a obtenu 70 sièges .. car dans ce parti , il n’y a pas de division .. mais bien une équipe construtive qui va dans tous la même direction ..

    1. Paul

      Oui, on a eu une bonne idée à leur dernier mandat de leur direction.

  12. Benoit

    C’est bien beau mais…. le PLQ a quand même rentrer majoritaire!

    1. Michel Roche

      Il est bien certain que les autres partis ont encore moins de légitimité pour gouverner. Il reste que le nombre de sièges qu’il a obtenus (70/125) ne correspond pas à ses appuis (41,5%). Mais c’est pratiquement toujours ainsi, au Québec et au Canada, avec le système électoral uninominal à un tour.

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