10 raisons de se réjouir de la défaite des Conservateurs

L’adulte ne croit pas au Père Noël, il vote.

Pierre Desproges

 

Il faut tout de même l’admettre, voir Stephen Harper et sa troupe de suiveux mordre la poussière à l’élection du 19 octobre réjouit bien du monde. Moi le premier qui rêvait depuis des lustres de ce beau moment électoral. Évidemment, j’aurais préféré que le NPD fasse son entrée au Parlement canadien, imaginez, un parti qui défend les syndicats depuis toujours, un parti plus à gauche que le parti Libéral de Justin Trudeau. Mais, c’est un peu de leur faute d’avoir joué avec le feu de la rectitude politique en se tassant au centre droit trop souvent durant la campagne. J’aurais aussi aimé que le Bloc fasse plus de gains, mais la position de leur chef sur le niqab m’a découragé à l’extrême. Il faut toutefois l’admettre, Gilles Duceppe a très souvent orienté les débats et les enjeux de cette campagne, surtout lors des rencontres télévisées. Bref, j’ai tout de même trouvé dix raisons plus ou moins personnelles de me réjouir de la défaite des Conservateurs. Malgré le fait que le beau Denis Lebel s’en est encore sorti (mais il n’est plus désormais à «la table des décisions » comme il aimait tant le répéter au pouvoir) et que le clown de Chicoutimi-Nord a failli être élu dans Jonquière. Comme si ici on avait une prédilection pour ce genre de politicien/amuseur public. Moi j’aurais voté pour Marc Pettersen s’il avait promis un autre pont… sur la Rivière-aux-Sables avec toilettes chimiques.

 

Voici donc dix (10) raisons de se réjouir de la défaite des Conservateurs.

1 – Stephen Harper ne parlera plus au nom du Canada mon pays mes amours. On a fini d’avoir honte de ses positions militaristes et anti environnementales dans les forums internationaux. C’est surtout ça de pris.

2 – J’ai hâte de voir comme vont tourner les discussions et les débats au Parlement et dans les chaumières sur la légalisation du pot. Déjà en campagne Harper avait prévu que sous le règne de Trudeau 2 il y aurait multiplication des bordels et des piqueries. Ils vont en remettre, les créationnistes et les pères de familles.

3 – J’ai hâte de rencontrer mon facteur pour lui dire qu’il devrait garder sa job et continuer de distribuer le courrier dans les domiciles. On n’a qu’à recycler les boîtes postales neuves qu’on a installées durant la campagne électorale. On pourrait s’en servir pour entreposer du linge, des livres, des conserves dans les quartiers.

4 – Dans la région de Québec, ils ont élu plus de conservateurs que partout ailleurs au Québec. Les radios poubelles vont pouvoir les utiliser comme chroniqueurs ou invités plus souvent qu’à leur tour pour dénoncer le virage à gauche du parti libéral du Canada. J’ai hâte d’entendre ça.

5 – Les scientifiques qui travaillent dans les ministères fédéraux vont pouvoir parler aux journalistes sans risquer de perdre leur job.

6 – Désormais, le premier ministre n’aura pas besoin de se cacher pour éviter les bains de foule. Il pourra même, le lendemain d’une élection, aller serrer les mains de ses électeurs dans le métro. Jamais Stephen Harper et sa dizaine de gardes du corps n’auraient fait ça.

7 – Désormais, le premier ministre du Canada va prévoir des conférences de presse ouvertes pour rencontrer les journalistes et répondre à toutes leurs questions sans les censurer au préalable.

8 – Le Parlement risque de devenir le lieu où la démocratie va s’exercer sans que le parti en place manipule les règles du jeu. C’est ce qu’on souhaite tous et ce qu’a prévu le parti Libéral nouvellement élu.

9 – La chaîne d’information publique, Radio-Canada, devrait recevoir le financement qu’elle mérite pour informer, enquêter et analyser les enjeux de notre société et de notre pays. Les réseaux privés d’information ne peuvent rivaliser bien longtemps dans ce domaine. Ils ont à rendre trop de comptes à leurs actionnaires, au réflexe public fondé sur la confusion entre le divertissement et l’information.

10 – Si les Conservateurs disent que les syndicats ont miné leur campagne électorale et qu’ils sont la cause de leur défaite, et bien je m’en réjouis. Mais ils oublient de vérifier à quel point leur premier ministre était devenu obsolète et seul dans sa bulle pétrolière. Les valeurs conservatrices viennent de prendre la débarque de leur vie. J’ai hâte de voir comment Denis Lebel (avec ses maires) à Roberval et Gérard Deltell (avec ses amis militaires) à Québec vont patiner avec le bonhomme Carnaval cet hiver.

Pour terminer ce grand ménage des politiciens déconnectés du monde (Le maire de Chicoutimi devrait s’en aller dans deux ans puisque son conseiller politique l’a décidé), il faudrait faire un effort pour encourager le premier ministre Couillard à retourner en Arabie saoudite. Jamais deux sans trois.

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

 

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :