Pour Angela, qui va à l’université

Pour Angela, qui va à l’université

Il y a quelques années déjà, j’ai publié un roman jeunesse intitulé: « La Confiture de rêves ». Ceux qui l’ont ouvert, depuis, ont peut-être vu cette décicace: « Pour Angela, qui va à l’université ». Il y a une histoire derrière cette dédicace, une histoire qui a trouvé sa conclusion cette semaine. Une conclusion en tout cas. Une belle. C’est l’histoire d’une jeune femme originaire de la communauté Crie d’Oujé-Bougoumou (près de Chibougamau) qui est venue faire un d.e.c. en soins infirmiers au Collège d’Alma. Elle devait donc poursuivre le programme le plus more »

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Les dinosaures

Les dinosaures

Rwanda, 20 ans après. Je ne vais pas raconter comme j’ai pleuré d’impuissance devant ma télé. Je ne vais pas rappeler comment les manigances des colonisateurs avaient fini par faire de deux peuples imbriqués l’un dans l’autre des ennemis mortels en quelques générations. Je ne rappellerai pas comment l’incurie de l’ONU a laissé le champ libre aux bourreaux. On sait tout ça, ou si on ne sait pas, on n’a qu’à taper un mot dans Google: génocide. Je vais plutôt vous parler d’une rencontre qui, sans cette horreur, ne se more »

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Lettre à Aïcha (bis)

Lettre à Aïcha (bis)

Le débat actuel et les passions qu’il déchaîne, ainsi que la bêtise crasse qui ressort de certains propos et gestes posés, m’ont rappelé un texte que j’avais publié en 2012, consternée par la tournure que prenaient les revendications étudiantes: la haine, l’intolérance, la violence que j’observais dans les rues, partout, me bouleversaient au plus haut point. Je les revois à nouveau, ces ennemis de la liberté, de la raison et de l’intelligence. Ils me font peur. J’ai eu besoin de relire ce texte et je me suis dit que, à part quelques mises à jours nécessaires, il était toujours d’actualité. Parce qu’il parle, en fait, de mon pays. Celui dans lequel je veux vivre. Celui que je veux faire. Le voici donc, quelque peu reformaté.

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Une lettre d’amour

Une lettre d’amour

Cher homme québécois, mon semblable, mon égal. Depuis quelque temps je réfléchis. J’essaie de voir exactement ce que je pense de toi, comment je te vois. Et je me rends compte que je n’aime pas ce que je pense de toi. Je me demande si ce ne sont pas, quelque part, les réseaux sociaux qui me farcissent la tête de pessimisme. Les journaux, la publicité. Pas la télé, je n’ai pas la télé. Mais bon, il m’arrive d’attraper une ou deux émissions au vol, dans une chambre d’hôtel ou chez more »

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Naufragés de l’aube

Naufragés de l’aube

Scène 1   Extérieur, jour. Lumière intense d’une journée ensoleillée de début d’été. On voit des akènes de pissenlit qui volètent dans l’air. Décor : une petite ville de bungalows relativement récents, tous plus ou moins en état : des graffitis, des fenêtres borgnes, des portes placardées témoignent d’un climat social incertain. La rue asphaltée est déserte, mises à part quelques silhouettes, apparemment plutôt jeunes, qui se déplacent à contrejour. Près de ce qui semble être un magasin dont la porte est fortement grillagée, un petit attroupement. Plusieurs personnes présentent des signes more »

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Trois contes de Noël

Trois contes de Noël

1 Mère-Noël revendique   C’était le matin du 25 décembre.  Comme d’habitude, la nuit avait été longue.  Père-Noël avait tenté de dormir un peu, en vain comme chaque année après sa grande, grande, grande tournée, puis il avait renoncé et s’était levé en grognant pour se diriger vers les toilettes afin de répondre à l’appel de la nature.  Les 25 décembre se confondaient depuis longtemps dans la tête du vieux bonhomme, amalgamés en un seul, uniforme et interminable Noël.  Bah, ce n’était pas qu’il n’aimait pas faire plaisir aux enfants : more »

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De la littérature et du fromage en crottes

De la littérature et du fromage en crottes

Quand j’étais jeune, en Gaspésie, ma mère qui a passé une partie de son enfance à l’Ascension-de-Notre-Seigneur, au Lac Saint-Jean, me reparlait souvent avec gourmandise de cette fromagerie où elle s’arrêtait parfois en rentrant de l’école et où elle achetait, pour cinq cennes, un petit sac de fromage en crottes. Elle me décrivait, avec des « Hmmmmm ! » bien sentis, les yeux dans les airs et la langue sur les lèvres,  le moelleux un peu humide, le sel éclatant sur la langue à la première croquée, et bien sûr le divin couic-couic… more »

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90 heures de résistance (fin)

90 heures de résistance (fin)

Un voyage au cœur d’une résistance qui se tricote à travers les comptines des mères, les histoires des pères et les jeux des enfants. Un voyage au cœur d’une mémoire qui cherche ses traces à travers celles des orignaux égarés dans les coupes à blanc. Jour 4 Autrefois, les Atikamekw faisaient commerce avec les Pekuakamilnuatsh (ceux qu’on nomme les Montagnais de Pointe-Bleue) à l’est, les Anishnabekw (ceux qu’on nomme les Algonquins) à l’ouest, les Wabanakis (ceux qu’on nomme Abénakis) au sud. Et, au nord, ils frayaient avec les Eeyou Istshee, more »

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Le retour du Mazz Jazz Quintet: Sonja Mazerolle au sommet de son art

Le retour du Mazz Jazz Quintet: Sonja Mazerolle au sommet de son art

Je connais bien Sonja Mazerolle. En fait, c’est ma grande amie, depuis au moins quinze ans. Nous partageons énormément de choses. L’une d’elles est l’amour de la musique. Les chansons, le jazz, toute la musique. Au fil des ans nous avons souvent partagé nos découvertes et nos coups de coeur. Mais Sonja a quelque chose que je n’ai pas. Elle chante. Et sacrément bien. Titulaire d’un D.E.C. en musique du collège d’Alma et professeure de chant en cours privés, puis depuis quelques mois à la polyvalente de Normandin, elle roule more »

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90 heures de résistance (3)

90 heures de résistance (3)

Voyage au cœur d’une résistance qui se tricote à travers les comptines des mères, les histoires des pères et les jeux des enfants. Voyage au cœur d’une mémoire qui cherche ses traces à travers celles des orignaux égarés dans les coupes à blanc.  Jour 3  Au réveil, la neige. Il y aura des traces, nous pourrons plus facilement trouver où mettre les collets. Le matin toute l’histoire de la nuit est écrite dans la neige. Nous n’irons pas chasser la perdrix cependant, les  hommes sont partis avec tous les fusils… more »

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